(Africa Diligence) Le 29 mai 2013, l’occasion de l’Assemblée de sa banque qui s’est tenu à Marrakech au Maroc, le Président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Donald Kaberuka, a accordé un entretien à la presse. Pour lui, « il appartient à l’Afrique de défendre ses intérêts ». Verbatim.

Sur le retour de la BAD à Abidjan

Donald Kaberuka : « Ca va se dérouler suivant la feuille de route, nous allons exécuter cette feuille de route fidèlement. Il y a un déclencheur à chaque étape afin d’éviter qu’il y ait des perturbations pour le fonctionnement de l’institution, aussi pour la sécurité du staff. Donc nous le ferons méthodiquement, dans les échéances prévues par la feuille de route. Les premières équipes déjà pour répartir, dès la fin de l’année, cela dépendant de la disponibilité des logements et des écoles. Ce qui a été fait à Marrakech, c’est la décision définitive. Donc il n y a aucun débat aujourd’hui sur la question. Il y a ceux qui se demandaient si la BAD allait rentrer à Abidjan ou non. Ce débat est clos (…) Le staff de la banque fait confiance aux organes compétents, pour veiller à ce qu’il y ait les infrastructures nécessaires et que la sécurité y soit (…) Je crois que cette opération pourrait continuer jusqu’en 2015. »

Sur les efforts de croissance à maintenir

Donald Kaberuka : « C’est la première fois depuis l’indépendance que le taux de croissance est largement supérieur au taux de croissance démographique, et ceci pendant dix années consécutives. Mais puisque que la démographie est galopante, donc il faut encore davantage d’efforts, parce que ce n’est pas de 6% que l’on a besoin, c’est de 7% que l’on a besoin pendant deux décennies pour vraiment voir la pauvreté reculer de façon significative. »

Sur intégration et croissance

Donald Kaberuka : « Une infrastructure, une route, c’est un moyen. Le but véritable, le but voulu, c’est le commerce, c’est la sécurisation des biens et des personnes. Maintenant si nous, la BAD, on lève les barrières physiques, si on fait des frontières communes, comme on les appelle. Maintenant, il y a des règles qui empêchent la circulation, ça c’est un véritable problème. Il nous appartient, à nous, Africains, de régler ce type de problème. Si on ne le fait pas, la croissance sera moins importante. »

Sur le manque de leadership en Afrique

Donald Kaberuka : « Je ne soutiens pas l’idée selon laquelle il y aurait un manque de leadership en Afrique. Ce manque existe partout et cette focalisation sur l’Afrique vise à complexer les Africains. Il y a un problème de leadership dans certains pays africains, dans certains pays européens, asiatiques, dans la gouvernance mondiale… »

La Chine colonialiste ?

Donald Kaberuka : « Les Etats n’ont pas d’amis, ils ont des intérêts. Il appartient à l’Afrique de défendre les intérêts africains. »

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