Knowdys CMR déploie un Mécanisme d’Alerte Rapide au profit du SNJP Les entreprises européennes vont-elles rater le virage africain ? En Afrique, les drogues de synthèse ont leurs usines sur place La jeune Afrique dans la ligne de mire de l’industrie du tabac

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

Lire la suite

Egypte: relancer l’industrie touristique ou mourir

Egypte: relancer l’industrie touristique ou mourir

(Africa Diligence) Le moral des professionnels du tourisme égyptien est au plus bas. Les arrivées de touristes ont chuté de 45% cet été. Malgré le retour de quelques milliers de vacanciers étrangers sur les bords de la mer Rouge, le rétablissement rapide de ce secteur vital pour l’économie du pays reste soumis à conditions. Lesquelles?

L’instabilité politique depuis que l’armée a déposé le président Mohamed Morsi début juillet, et les violences quasi quotidiennes après le démantèlement brutal des campements de ses partisans islamistes en août au Caire, ont plongé le pays des Pharaons dans sa pire crise depuis la révolution contre Hosni Moubarak en janvier 2011.

En juillet et août, les arrivées de touristes ont chuté de 45%, a déclaré le ministre du Tourisme Hicham Zaazou, estimant les pertes infligées au secteur à environ un milliard de dollars (740 millions d’euros) par mois.

Pendant l’année budgétaire 2012-2013, qui s’est terminée en juin, avant le renversement de Mohamed Morsi, le tourisme avait rapporté 9,75 milliards de dollars à l’Egypte, ce qui était déjà moins que son record de 11,6 milliards de dollars de 2009-2010.

La situation sécuritaire est aujourd’hui telle que les autorités égyptiennes ne se donnent même pas la peine d’organiser des opérations promotionnelles en direction des touristes étrangers, qu’ils soient Européens, Américains, Asiatiques ou Arabes du Golfe.

« Ça ne sert à rien d’essayer de lancer une campagne de relations publiques« , constate Karim Helal, un conseiller du ministre du Tourisme. « Si on ne peut pas convaincre les touristes qu’ils seront en sécurité, personne ne viendra.« 

HÔTELS VIDES

Même les stations balnéaires de la mer Rouge, épargnées jusqu’à présent par les violences qui ont secoué la vallée du Nil, les villes du canal de Suez ou le nord du Sinaï, on vu leur fréquentation plonger.

A Hourghada, une destination prisée des Allemands et des Russes, seules 11.000 des 50.000 chambres sont occupées, a dit à Reuters le gouverneur de la province, Ahmed Abdoullah.

La situation est encore plus dramatique dans la vallée du Nil, aussi bien au Caire, où des manifestations se terminent presque chaque semaine dans le sang, qu’à Louxor et Assouan, où le calme est pourtant revenu mais qui sont toujours placées sur la liste des régions déconseillées par la plupart des pays.

Au Caire, une visite au musée des Antiquités pharaoniques, qui abrite le célèbre masque funéraire de Toutankhamon, sur la place Tahrir, donne la mesure du problème: épicentre des grandes manifestations de 2011 et de cet été, la place est encerclée de blindés de l’armée et de policiers anti-émeute, qui entendent empêcher les islamistes de s’y rassembler.

Rares sont donc les visiteurs qui s’aventurent dans le centre de la capitale, comme peut en témoigner Ramadan Iraki, dont la calèche n’a pas chargé le moindre client sur les berges du Nil depuis 20 jours.

« Je suis un vieil homme. Qu’est-ce que je peux faire?« , soupire le caléchier de 55 ans, père de six enfants, en confiant ne plus avoir de quoi nourrir son cheval.

Même lorsque rien ne va, les professionnels du tourisme égyptiens veulent y croire. Nul n’a oublié qu’après l’attentat de Louxor en 1997 – 58 touristes massacrés par un commando islamiste devant le temple d’Hatchepsout -, la fréquentation hôtelière s’était effondrée de 70%. Ce qui n’avait pas empêché le secteur d’enregistrer, seulement un an plus tard, des recettes record.

REBOND EN MARS-AVRIL?

L’Egypte est encore loin d’un tel rétablissement, mais le retour de vacanciers allemands depuis que Berlin a levé les restrictions de voyage pesant sur la mer Rouge le mois dernier entretient l’espoir.

« Les réservations redémarrent mais elles n’ont pas retrouvé le niveau de l’an dernier« , note une porte-parole du site de réservation allemand Lastminute.de. « Nos clients manifestent de l’intérêt (pour l’Egypte), mais ils sont prudents. Des destinations comme les îles espagnoles et la riviera turque en bénéficient.« 

D’autres acteurs du marché, comme DER Touristik, un des plus grands tour-opérateurs allemands, font état de réservations supérieures à l’an dernier et affichent un certain optimisme. « Nous nous attendons à un redémarrage rapide du tourisme en Egypte avec une forte demande en mars et avril« , avance même un porte-parole du groupe.

Sous réserve, bien sûr, de l’évolution de la situation sécuritaire d’ici là, l’une des principales inconnues étant l’attitude des islamistes radicaux qui ne s’en sont pour le moment pas pris aux touristes, comme ils l’avaient fait dans les années 1990 pour déstabiliser le gouvernement.

Pour l’heure, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la Russie continuent à déconseiller à leurs ressortissants de se rendre en Egypte. La France leur demande de son côté d’éviter le Sinaï et les déplacements par voie terrestre dans la vallée du Nil et nombre de tour-opérateurs européens, comme TUI Travel , n’ont pas remis Louxor et les croisières sur le Nil à leur catalogue hivernal.

(Avec Patrick Werr, Ehab Farouk à Hourghada, Tatiana Ustinova, Victoria Bryan, David Cutler et Tangi Salaü)

Veille multi-sectorielle, études de marché, authentification de documents, notes de conjoncture, organisation des RDV d'affaires, formations et conférences... Les experts en intelligence économique, due diligence et public affairs de Knowdys mettent à votre disposition une connaissance précise de l'environnement économique, culturel et géopolitique des marchés africains.

Plus d'infos sur www.knowdys.com

0 Commentaires

Laisser un commentaire