Drame de l’immigration : l’Europe dégaine l’arme financière

[Africa Diligence] Le 23 avril 2015, l’Union européenne a décidé de tripler le budget de son opération de surveillance et de sauvetage en mer nommée « Triton ». Cette mesure doit permettre de prévenir de nouveaux drames de l’immigration en Méditerranée. L’Allemagne peut faire mieux a déclaré Angela Merkel : « l’argent n’est pas un problème. »

Les dirigeants de l’Union européenne ont décidé jeudi de tripler les moyens alloués à la recherche et au sauvetage en mer Méditerranée. La mesure annoncée à l’issue d’un sommet extraordinaire devrait aider un peu à faire face à l’afflux de migrants fuyant les conflits et la pauvreté en Afrique.

La rencontre de jeudi a été convoquée dans l’émotion du naufrage d’un chalutier dans la nuit de samedi à dimanche au large des côtes libyennes. Le drame a fait jusqu’à 900 morts.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déclaré que les Vingt-Huit allaient étudier les moyens de saisir et de détruire les bateaux utilisés par les passeurs. Ils veulent aussi intensifier les efforts visant à empêcher les candidats à l’immigration de gagner la Libye, simplifier les procédures d’examen des demandes d’asile et reconduire dans leur pays d’origine les candidats à l’asile dont la demande est rejetée.

“Nous voulons aller vite. Nous allons donc tripler les ressources financières pour les missions concernées de Frontex, et les améliorer sensiblement”, a dit la chancelière allemande, Angela Merkel, en référence à l’agence européenne de surveillance des frontières.

“Pour ce qui concerne l’Allemagne, je peux ajouter que s’il s’avère que les financements ne sont pas suffisants, nous devrons en reparler. L’argent n’est pas le problème”, a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse.

Aller au-delà de Mare nostrum

De son côté, François Hollande a précisé que la France allait mettre à la disposition de l’opération Triton un navire patrouilleur, un remorqueur de haute mer et des avions de surveillance.

“Tripler (les moyens de Triton), cela veut dire aller même au-delà de ce qui existait dans une opération qui s’appelait Mare Nostrum et qui visait à sauver des vies humaines et en même temps à assurer le contrôle des frontières”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

Le président français a ajouté que Paris et Londres allaient saisir le Conseil de sécurité des Nations unies afin que l’ONU autorise une intervention sur le territoire libyen pour détruire les moyens des passeurs. “Il ne peut y avoir une intervention européenne que dans le cadre d’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU”, a-t-il souligné.

Pendant les débats de Bruxelles, les garde-côtes italiens secouraient 84 hommes, apparemment tous originaires d’Afrique subsaharienne. Leur canot pneumatique était en train de couler à quelque 35 milles (65 km) au large de la Libye et ils avaient lancé un appel de détresse.

Dans le naufrage de dimanche, seuls 28 passagers ont survécu alors que le bateau transportait près de 900 personnes, selon des témoignages. Une cérémonie œcuménique a eu lieu jeudi à Malte pour 24 victimes de ce naufrage, les seules dont les corps ont pu être repêchés pour l’instant.

(Avec ATS)

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