Formation Intelligence Economique et Due Diligence L’aversion au risque ou l’étrange darwinisme des marchés africains Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique Africa Diligence crée FCV, le Fichier des Clients Voyous

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Pourquoi les sociétés japonaises s’accrochent à l’Afrique

[Africa Diligence] Le drame algérien d’In Amenas, où au moins neuf Japonais ont perdu la vie, a brutalement rappelé au Japon que l’Afrique, courtisée comme jamais par la Chine, est parfois un univers difficile mais pourtant indispensable à ce lointain archipel d’Asie. Pourquoi les Japonais s’accrochent-ils ?

Malgré la tragédie qui s’est nouée en plein désert algérien, le Japon sait qu’il ne peut se désengager de ce continent, avec ses immenses richesses en matières premières et ses marchés émergents prometteurs.

Tokyo l’a si bien compris que, depuis 1993, il organise une conférence Japon-Afrique, la TICAD (Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique) par le biais de laquelle, outre ses aspects d’aide au développement, le Japon espère entretenir et développer une relation durable avec le continent noir d’autant plus nécessaire que, lui, est pratiquement privé de toute ressource naturelle.

Ainsi en 2012, le Japon a-t-il, via la TICAD, accordé à l’Afrique une aide de 1,3 milliard de dollars afin que le continent « puisse relever les défis relatifs aux changements climatiques ».

Cette conférence fait du Japon l’un des rares pays qui organisent seul une « conférence pana-africaine », à l’instar des sommets Afrique-France annuels.

« L’incident (d’In Amenas) est venu cruellement rappeler le risque qu’il y a à faire des affaires et travailler en Afrique mais, malheureusement pour notre pays pauvre en ressources, ceux qui en revanche en regorgent sont souvent politiquement et socialement instables », résume Shintaro Matoba, le directeur de la section Proche-Orient Afrique de l’organisation du commerce extérieur japonais (Jetro).

Pourtant le commerce et les investissements japonais en Afrique demeurent une goutte d’eau dans le volume des échanges internationaux nippons, à l’image de la part de l’Afrique dans le PIB mondial, autour de 2%.

A titre de comparaison, la Chine a annoncé en juillet dernier un doublement de ses crédits à l’Afrique, les portant à 20 milliards de dollars. Ce geste reflète sa présence croissante sur ce continent, motivée par son appétit vorace en matières premières, notamment en pétrole.

Pékin est depuis 2009 le premier partenaire commercial de l’Afrique. Les échanges ont atteint en 2011 un record de 166,3 milliards de dollars, en hausse de 83% par rapport à ceux de 2009, d’après le ministère chinois du Commerce.

L’Afrique est de ce point de vue à la fois un enjeu et un espace de rivalité pour les deux géants asiatiques, 2ème et 3ème puissances économiques du monde. Car Pékin, comme Tokyo ont besoin du sous-sol africain.

Ainsi le Japon et notamment certaines de ses industries, dépendent-ils beaucoup de l' »Afrique minérale ». Par exemple 85% du platine utilisé dans l’industrie de l’automobile, et 67% du manganèse nécessaire à la fabrication de batteries, viennent du continent noir, selon le Jetro.

Dans le cas de l’Algérie, environ 15 firmes japonaises sont présentes dans ce pays, dont la JGC (qui avaient 78 employés sur des sites gaziers, dont celui d’In Amenas), mais aussi des maisons de commerce.

« Les sociétés japonaises doivent faire face à la réalité: c’est risqué de travailler ici », assure Shintaro Matoba.

Une étude du Jetro a révélé que 90% des compagnies japonaises qui œuvrent en Afrique se disent préoccupées par le risque ambiant, la violence et l’instabilité politique. C’était avant le massacre d’In Amenas.

Malgré tout, les deux tiers pensent que, commercialement et économiquement, l’Afrique va devenir de plus en plus importante dans les années à venir. Pas question donc d’en partir.

« Même après ce drame, de nombreux patrons d’entreprises auxquels j’ai parlé m’ont dit que partir n’était pas une option, même pas réduire la voilure », confie le responsable du Jetro.

Ainsi la société de BTP Kajima, qui construit des routes en Algérie, a-t-elle fait savoir qu’elle continuait et que ses 47 employés japonais allaient rester dans le pays.

« Notre politique reste la même et nous accepterons les contrats », indique un porte-parole de la société.

Par Jacques LHUILLERY

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