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L'Edito de Guy Gweth

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Une 1ère banque islamique ouvre au Nigeria

Intelligence économique 123 | "La finance islamique regroupe des centaines de textes d'interprétation du droit musulman aux réalités économiques actuelles. Il n'y a rien de sacré là-dedans, ce sont des montages financiers qui portent des valeurs universelles. " Mohamed Boulif, consultant en finance islamique

Depuis notre « Enquête sous la burqa de la finance islamique » parue sur ce site en 2009, les banques islamiques ont ouvert leurs portes dans plusieurs pays africains dont le Maroc, la Tunisie, le Sénégal et aujourd’hui le Nigeria. Basée à Abuja, la capitale, la banque Jaiz devrait contribuer à booster l’économie nigériane tout en respectant les principes tels que l’interdiction de l’intérêt et de l’usure.

« Un rêve devenu réalité »

La finance islamique au Nigeria fait ses premiers pas avec l’ouverture toute récente d’une première banque islamique. Basée dans la capitale Abuja, la banque Jaiz dispose de deux succursales dans les Etats musulmans de Kano et de Kaduna. Ces succursales proposeront aux particuliers et aux entreprises du pays des opérations financières conformes aux principes musulmans (l’interdiction de l’intérêt et de l’usure, un meilleur partage des profits et des risques entre les contractants, notamment). La banque compte poursuivre son développement et ouvrir d’autres établissements dans les autres régions du pays.

La finance islamique nigériane permettra également de favoriser davantage les investissements, contribuant ainsi à booster l’économie locale. M. Abdul-Lateef Adegbite, membre du Conseil Suprême du Nigeria estime que sa mise en place est « un rêve devenu réalité ».

Un sujet polémique au Nigeria

Certains chrétiens se sont opposés à cette initiative accusant le directeur de la Banque Centrale du Nigeria (BCN), le Lamido Sanusi, de favoriser davantage une religion. L’Association chrétienne du Nigeria compte mener une action judiciaire contre la BCN, si cette dernière ne retire pas la licence qu’elle a accordé à la Banque Internationale Jaiz, qui permet de lancer les services bancaires islamiques.

Ce débat opposant chrétiens et musulmans était déjà apparu en été 2011 avec la déclaration de l’archevêque de Lagos qui estime que la finance islamique représente une « autre méthode de domination des chrétiens de ce pays ». Auparavant, des associations chrétiennes avaient fait appel au Président du Nigeria, Goodluck Jonathan, lui demandant de retirer ce projet.

La Banque Centrale nigériane rejette ces accusations affirmant que les services bancaires islamiques ne sont qu’optionnels, et non pas imposés, et visent à proposer une autre alternative aux nigérians insatisfaits du système bancaire conventionnel. En outre, elle est une alternative pour dynamiser l’économie du pays en proposant des principes financiers moraux, principes que l’on retrouve également dans le christianisme.

Les musulmans nigérians sont, quant à eux, ravis de cette initiative qu’ils soutiennent totalement, en accueillant chaleureusement la nouvelle banque Jaiz. Selon certains consultants, la banque Jaiz aurait déjà discrètement proposé des opérations bancaires afin de ne pas troubler davantage l’ambiance socio-politique tendue qui règne au Nigeria à l’heure actuelle.

Le gouvernement nigérian devrait communiquer davantage sur la finance islamique et ses principes éthiques. La communication et la sensibilisation contribueraient à éviter davantage de dissensions entre la communauté chrétienne et la communauté musulmane du pays qui sont presque équitablement réparties. Notons également, que la finance classique ne disparaitra pas. Les particuliers auront donc le choix entre les différents systèmes.

Le système bancaire islamique existe désormais dans près d’une cinquantaine de pays dans le monde de manière plus ou moins avancée et connait un regain d’intérêt depuis le début de la crise financière en 2008. D’après le rapport de PriceWaterhouseCoopers publié en novembre 2011, la finance islamique devrait croître entre 15 à 20% par an.

AD (avec Ajib)

Sur le même sujet, lire :

Enquête sous la burqa de la finance islamique, par Guy Gweth

L’Afrique face à la microfinance islamique, par Mouhamed Diakité

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