[Africa Diligence] hydrocarbures, or, uranium, etc., le sahel ne manque pas de richesses en devenir. Grâce à l’intervention militaire, les compagnies françaises seront certainement bien placées pour y investir. Depuis le 11 janvier 2013, Paris dépense près de 2,7 millions d’euros par jour au Mali.

La France est-elle intervenue au Mali pour préserver ses intérêts ? La réponse est sans doute dans la question, et la poser ne choque pas grand monde à Bamako, tant la reconnaissance est grande vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale d’avoir empêché la chute du pays face à l’avancée des colonnes de pick-up du Mujao et d’Ansar Dine. « Si la France veut notre or ou notre pétrole, elle l’a mérité puisqu’elle est la seule à avoir répondu à notre appel » est une rhétorique lancinante dans une capitale provisoirement euphorique.

Comme à l’occasion de tout conflit armé, le discours officiel de la puissance belligérante se veut dénué de toute considération autre qu’humanitaire et sécuritaire, même si les intérêts de la France au Mali sont nombreux. Il y a bien sûr Areva, qui exploite l’uranium stratégique du Niger voisin, et qui y a investi plus d’un milliard d’euros dans la mine géante d’Imouraren, laquelle doit commencer à extraire le ­« yellow cake » d’ici à la fin 2014. Bouygues, Vinci ou Orange ont de nombreuses activités au Mali, un pays enclavé où l’industrie de la téléphonie, comme sur l’ensemble du continent africain, est en plein boom.

Le géant du transport maritime et routier Bolloré y revendique aussi 100 000 mètres carrés d’entrepôts de stockage et sa propre flotte de camions, au service de clients opérant dans le ­pétrole, le gaz, les télécommunications et bien sûr les mines. Un secteur où « les Français sont pour l’instant très peu présents », explique Amadou Sanoussi Dafe, trésorier général à la Chambre des mines du Mali. Les choses pourraient changer si le potentiel aurifère que l’on prête à la région de Kidal se confirmait. La zone située au nord-ouest de Tombouctou ­dispose également d’un potentiel en gaz et en pétrole, notamment à travers le bassin de Taoudéni qui s’étend du Niger à l’Algérie en passant par la Mauritanie. Le pétrole devait y jaillir au mois de février 2012, exploité par la compagnie algérienne ­Sonatrach et l’italienne ENI. L’offensive des islamistes un mois plus tôt et l’opération « Serval » aujourd’hui ont certainement rebattu les cartes.

M. d. M.

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