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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Investir en Afrique en 2014 : Les tops et les flops de Doing Business

Investir en Afrique en 2014 : Les tops et les flops de Doing Business

(Africa Diligence) Dans cette interview exclusive à Financial Afrik, Guy Gweth, fondateur de Knowdys Consulting Group (KCG), analyse très froidement les forces et faiblesses du dispositif de la Banque mondiale. L’expert en intelligence économique fait quelques révélations surprenantes sur les chouchous de Doing Business.

Adama Wade (Financial Afrik) : Les classements Doing Business et Word Economic Forum et autres Mo Ibrahim sont-ils crédibles?

Guy Gweth (Knowdys Consulting group) : Ceux qui initient et pensent les classements savent que pour prospérer, les ratings ont besoin d’influence. A la question de savoir si les trois classements que vous citez bénéficient d’une influence certaine ? La réponse est clairement oui.  Le classement « Doing Business » a à son actif plusieurs milliers de citations dans les médias et les revues académiques dont la plupart sont nord-américaines, ce qui montre qu’il s’agit d’un instrument d’influence. Pour le consommateur, la crédibilité d’un rating sera fonction de son influence. D’après nos informations, la réalisation de la version 2014 de Doing Business a mobilisé une trentaine d’experts internes et 13 000 externes, ce qui accroit sa robustesse, sans pour autant l’exempter  de critique.

Pourquoi n’aboutissent-ils pas (le cas du Sénégal) aux mêmes résultats?

Trois raisons peuvent justifier une différence de résultats : le choix méthodologique, la base d’informations et la pertinence des indicateurs retenus. La plus petite dose d’idéologie peut changer les résultats d’un classement par rapport à un autre. Le rapport Doing Business 2014, par exemple, mobilise une dizaine de critères pour évaluer si un pays facilite ou non les affaires. Il s’agit de: la création d’entreprises, l’obtention de permis de construire, le raccordement à l’électricité, le transfert de propriété, l’obtention de prêts, la protection des investisseurs, le paiement des taxes et d’impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats, le règlement de l’insolvabilité et l’embauche des travailleurs. L’une des faiblesses de cette approche, c’est qu’elle s’appuie sur les réglementations en vigueur pour les PME de chaque pays et ne tient pas compte des conditions spécifiques aux multinationales qui structurent pourtant l’économie d’un nombre important de pays africains.

Quels reproches peut-on formuler envers ce travail de la SFI?  Contribue-t-il à améliorer l’environnement des affaires en Afrique?

Il n’existe certes pas de classement qui fassent l’unanimité, mais la SFI prête le flanc à quelques critiques pertinentes. La Chine, par exemple, qui connait l’influence des classements pour avoir généré celui de Shanghai, n’a jamais cautionné la grille d’analyse de la Banque mondiale qu’elle accuse de partialité. C’est pourquoi nous proposons une surveillance par les pairs, la Banque mondiale étant encore peu perméable aux remises en cause liées à sa base d’informations, à sa méthodologie de collecte et à la pertinence des indicateurs retenus.

Je fais remarquer que l’Afrique subsaharienne aligne 9 pays parmi les 20 premiers mondiaux qui ont le plus reformé la règlementation des affaires depuis 2010. A priori, c’est une bonne nouvelle. Mais je puis vous affirmer, sur la foi de nos expériences de terrain, qu’il y a, dans cette liste, des pays où les réformes restent purement théoriques, sans impact réel sur le climat des affaires. Cela étant, force est de constater que les classements ont une influence certaine sur les gouvernements africains qu’ils encouragent inévitablement à se surpasser.

Les trois pays africains qui ferment le classement Doing Business cette année, à savoir : la Libye, la république centrafricaine et le Tchad, verraient leur position s’améliorer en 2015 s’ils engageaient simplement un train de réformes, même sans la garantie d’améliorer le climat des affaires…  Bangui, N’Djamena et Tripoli  pourraient s’inspirer d’un pays comme le Rwanda où les stratèges ont compris que pour être bien classé, il faut initier des réformes, à condition qu’elles entrent dans le périmètre des indicateurs retenus….

Source Financial Afrik, n°2 du 30 novembre au 31 décembre 2013, pages 12-16.

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