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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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La diaspora éthiopienne rentre faire du business au pays

(Africa Diligence) Quand Tadiwos Belete a quitté les Etats-Unis pour revenir en Ethiopie ouvrir un salon de beauté de luxe il y a 10 ans, ses proches l’ont cru fou. Il a construit un immeuble de commerce et bureaux dans une rue décrépite et congestionnée du centre de la capital Addis Abeba. Aujourd’hui, depuis son bureau, au 4e étage du bâtiment, il contemple un axe à six voies, flambant neuf, jonché de cafés, hôtels et centres commerciaux.

Mais il se souvient combien, à l’époque, il désespérait de trouver des locataires pour ses locaux.

«Je me souviens, on en était presque à prier de trouver quelqu’un pour louer ce bâtiment», dit-il. «C’est incroyable, je n’aurais jamais pensé que ça allait croître de la sorte», poursuit-il en contemplant la rue animée.

M. Tadiwos fait partie des membres de la diaspora éthiopienne qui peu à peu rentrent au pays pour investir dans son économie en plein boom.

Lui-même n’a pas seulement ouvert un spa de luxe et fait des affaires dans l’immobilier, il est aussi désormais à la tête d’un restaurant et d’un bar à vin à Addis Abeba, ainsi que de deux complexes hôteliers de luxe en dehors de la capitale. Au total, il emploie 1 500 personnes. L’Ethiopie, raconte-t-il, lui a offert des opportunités qu’il n’avait pas aux Etats-Unis. A Boston (nord-est des Etats-Unis), où il habitait, il n’avait qu’un spa.

Mais il assure ne pas être uniquement revenu pour faire de l’argent. Il voulait aussi participer au développement de l’Ethiopie. «En tant qu’être humain, on peut faire la différence ici», estime-t-il.

La diaspora éthiopienne est estimée à quelque quatre millions de personnes à travers le monde, sur une population éthiopienne totale de 85 millions. La plupart d’entre elles ont fui la dictature militaire éthiopienne dans les années 1970, souvent pour s’installer aux Etats-Unis. Le régime militaire de Mengistu Haile Mariam est tombé en 1991 et aujourd’hui, nombreux sont ceux qui reviennent pour échapper à la crise économique dans les pays occidentaux.

Car l’économie éthiopienne, elle, affiche des taux de croissance insolents: le PIB du pays a progressé en 2012 de 8,5%, la douzième plus importante croissance économique au monde, selon la Banque mondiale. Comme M. Tadiwos, la plupart de ceux qui sont revenus sont actifs dans les services. Pour le pays, ces retours ne sont pas seulement synonymes de rentrées d’argent, mais aussi de compétences.

«La diaspora peut apporter une meilleure gouvernance aux sociétés africaines», estime Shanta Devarajan, responsable Afrique pour la Banque mondiale, «ces personnes ont été en dehors du système et sont capables de l’observer avec de la distance».

Acteur économique clé

Pour Zemedeneh Negatu, associé au cabinet d’audit Ernst and Young, aussi, l’Ethiopie est synonyme «d’opportunités». Il est revenu il y a 14 ans et il ne regrette pas sa décision: pour lui aussi, à la «récompense financière» s’ajoute la satisfaction de pouvoir «mesurer» sa contribution au développement du pays.

Le retour n’est pourtant pas toujours si simple pour ces membres de la diaspora qui prennent la décision du retour.

Car une fois rentré au pays, il faut composer avec un réseau de télécommunication encore peu fiable, des infrastructures déficientes et d’importantes lourdeurs bureaucratiques. L’accès aux devises étrangères, aussi, reste limité.

Selon la Banque mondiale, l’environnement des affaires en Ethiopie occupe le 127e rang sur un total de 185 pays.

 Pour Addis Alemeyahou, les membres de la diaspora qui, comme lui, reviennent, permettent aussi de dynamiser le secteur privé, un développement essentiel pour réduire la dépendance du pays vis à vis de l’aide internationale.

 Selon lui, la grande majorité des Ethiopiens qui reviennent au pays lancent des affaires et créent des emplois. «Ils créent des industries en croissance et je pense que ça rejaillit sur tout», poursuit-il.

Lui-même est revenu, après 12 ans en Amérique du Nord, pour ouvrir son cabinet de conseil. Quand il est parti, beaucoup de ses proches étaient sceptiques. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui l’ont rejoint.

 Pour lui c’est évident, «la diaspora sera un acteur très important de l’économie éthiopienne». «Cela ne fait aucun doute.»

 Jenny VAUGHAN

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