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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Le Maroc, plateforme industrielle pour l’Afrique du Nord

Le Maroc, plateforme industrielle pour l’Afrique du Nord

(Africa Diligence) Grappes industrielles, chaines logistiques intégrées, main-d’œuvre éduquée… Le Maroc dispose d’importants atouts économiques. Pas étonnant que beaucoup de multinationales s’y implantent, comme Bombardier Aéronautique.

L’avionneur a une usine près de l’aéroport de Casablanca. Depuis février, il y fabrique des pièces, des surfaces de vols pour sa gamme d’appareils CRJ, sans parler du fuselage pour ses Learjet 70 et 75. Bombardier n’assemble pas d’avions au Maroc, cette étape étant faite dans ses usines en Amérique du Nord.

L’implantation marocaine représente un investissement total de 200 millions de dollars américains pour Bombardier. La multinationale a jeté son dévolu sur ce pays d’Afrique du Nord après «quelques années» de réflexion et d’analyses de sites potentiels ailleurs dans le monde.

Ses atouts étaient indéniables, confie Souad Elmallem, représentante en chef pour l’Afrique chez Bombardier Aéronautique. « Le Maroc a une main-d’œuvre qualifiée, dit cette Québécoise d’origine marocaine. Le pays est bien positionné géographiquement, car il est dans le même fuseau horaire que notre usine d’Irlande du Nord. Et les infrastructures sont de qualité, un critère logistique clé dans notre industrie. »

D’autres multinationales font la même analyse. Début octobre, le constructeur automobile français Renault a inauguré une seconde ligne de production à son usine de Tanger, un investissement totalisant 400 millions d’euros (567 M$). Le fabricant américain d’ordinateurs Dell y exploite, lui, un centre de soutien technique pour sa clientèle francophone, notamment du Québec.

Les forces du Maroc

La politique industrielle est un point fort du Maroc, soulignent les analystes de Coface, une firme française assurant les risques commerciaux des entreprises à l’étranger. Depuis quelques années, le pays a diversifié son économie en mettant l’accent sur l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, la chimie, le textile-cuir de même que l’agroalimentaire.

Selon Exportation et développement Canada (EDC), le marché marocain offre particulièrement des occasions d’affaires aux entreprises canadiennes dans l’agriculture, la construction et les infrastructures, les mines et les métaux, les services de transport, les télécommunications, sans parler de l’aéronautique.

Dans l’aéronautique, le Maroc abrite une centaine d’entreprises. Bombardier Aéronautique est toutefois le seul grand donneur d’ordres – Original Equipment Manufacturer, comme on dit dans l’industrie. Fait notoire : le Maroc a aussi un accord de libre-échange avec l’Union européenne, ce qui facilite, pour Bombardier, les échanges entre son usine de Casablanca et celle de Belfast, en Irlande du Nord.

Le Maroc est aussi un marché intéressant pour les entreprises qui veulent brasser des affaires dans l’ensemble du continent africain, fait remarquer Karl Miville-de Chêne, vice-président pour le Québec et les Maritimes du Conseil canadien pour l’Afrique.

« Le Maroc a des accords de libre-échange avec beaucoup de pays africains. Si je suis Bombardier SA Maroc, par exemple, j’ai donc accès à une partie du marché africain » sans avoir à payer de tarifs douaniers, explique-t-il.

Pourparlers de libre-échange avec le Canada

Une intégration économique intéressante pour les entreprises canadiennes, car le Canada n’a pas d’entente de libre-échange avec un pays africain. En revanche, Ottawa négocie actuellement un accord avec le… Maroc.

La présence d’entreprises marocaines – banques, société d’assurance, entrepreneurs en construction, entreprises agroalimentaires – dans plusieurs pays africains et l’intégration de leur chaine logistique au cœur du continent africain représente aussi un avantage de taille pour les Canadiens, souligne Karl Miville-de Chêne.

« Dans l’agroalimentaire, une entreprise canadienne peut exporter ou importer des produits en Afrique subsaharienne en transitant par le Maroc tout en préservant l’intégrité de la chaine de froid », dit-il.

Dans une analyse sur le pays, les analystes d’EDC soulignent que « l’environnement commercial compte parmi les plus développés sur le continent africain, tandis que l’environnement politique reste stable ».

Lacunes en productivité et en compétitivité

En revanche, les entreprises marocaines ont une productivité insuffisante, sans parler de leur problème de compétitivité, selon Coface.

De plus, même si le pays est stable, le roi Mohammed VI a dû faire des réformes en 2011 dans la foulée du printemps arabe, et ce, afin de libéraliser l’économie et d’apaiser les tensions sociales dans ce pays très jeune. Près de la moitié de la population (45 %) à moins de 25 ans, selon la CIA, l’agence américaine du renseignement. Au Canada, c’est 28,4 %.

Le pays n’est pas non plus à l’abri d’attentats terroristes. En mai 2003, des terroristes affiliés à Al-Qaïda ont perpétré une série d’attaques suicides à Casablanca, qui ont fait près de 40 morts.

Le Maroc en bref…

Population : 32,4 millions d’habitants

PIB : 90,8 milliards de dollars américains

Croissance moyenne du PIB réel, 2005-2010 : 4,9 %

Origine du PIB : agriculture : 15,1 % ; industrie : 31,7 % ; services : 53,2 %

Sources : Pocket World in Figures (The Economist), Central Intelligence Agency (CIA)

(Avec François Normand)

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