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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Le meilleur du cinéma africain sur scène à Hollywood

Le meilleur du cinéma africain sur scène à Hollywood

(Africa Diligence) Durant tout le mois d’octobre 2013, le prestigieux musée d’art de Los Angeles accueille le festival « Caméras d’Afrique », consacré au meilleur du cinéma africain francophone. Une première dans la capitale mondiale du cinéma. Courts portraits de six acteurs africains qui ont percé à Hollywood.

Djembés, champagne et  tenues colorées : c’est dans une ambiance de fête et de paillettes hollywoodiennes que s’est ouvert jeudi soir au musée d’art de Los Angeles (Lacma), la première édition du festival Caméras d’Afrique, consacré au cinéma francophone d’Afrique de l’Ouest. Pendant près d’un mois, du 3 au 28 octobre, le célèbre musée s’associe à la Loyola Marymount University, pour faire découvrir au public californien une vingtaine de pépites du 7e art africain francophone de ces cinquante dernières années. Une première à Hollywood, où ce cinéma reste très largement méconnu aussi bien du grand public que des amateurs de films indépendants.

À l’origine de ce projet ambitieux, deux afficionados du cinéma africain: le célèbre critique américain Elvis Mitchell, et le producteur et président de l’école de Film et de Télévision de l’université Loyola Marymount de Los Angeles, Stephen Ujlaki. « Cela fait plusieurs années que j’avais envie de créer un festival consacré au cinéma africain : j’en avais assez de voir des films sur l’Afrique réalisés uniquement par des Blancs » raconte Ujlaki. « Au festival de Leipzig, j’en ai parlé à un collègue qui m’a conseillé d’en discuter avec Mitchell qui avait exactement la même envie ! Nous avons alors commencé à travailler ensemble sur le projet, l’automne dernier ». En quête de trésors cinématographiques, Mitchell et Ujlaki  s’envolent pour Paris puis Ouagadougou, à l’occasion du prestigieux festival de cinéma africain Fespaco, qui a lieu tous les deux ans au Burkina Faso.

Avant-premières américaines

À l’arrivée, leur sélection rassemble aussi bien des films et des documentaires de jeunes talents comme Alain Gomis et Mati Diop, que des œuvres de réalisateurs confirmés : de Mahamat-Saleh Haroun (nominé au festival de Cannes en mai dernier pour son film Grisgris), à Mama Keïta en passant par Gaston Kaboré, Idriss Diabaté ou encore Ousmane William Mbaye.

Plusieurs de ces films récents sont projetés pour la première fois à Los Angeles ou aux États-Unis : c’est notamment le cas de Grisgris, encore jamais diffusé sur le territoire américain et du documentaire de Mati Diop Mille Soleils (récompensé du grand prix du Festival international du documentaire de Marseille, en juillet dernier), projeté en avant-première dans la cité des Anges.

Caméras d’Afrique permet également aux spectateurs de (re)découvrir les grands classiques du cinéma africain, à travers une rétrospective allant des années 60 aux années 90 : d’Ousmane Sembène (Borom Saret, 1963), à Ababacar Samb-Makharam (Et la Neige n’était plus, 1965), en passant par Souleymane Cissé (Finyé, 1982 et Yeelen, 1987), Idrissa Ouédraogo (Tilaï, 1990, Grand Prix du Jury de Cannes) ou encore Mahamat-Saleh Haroun (Bye Bye Africa, 1999).

Séduire les professionnels d’Hollywood

« Avec ce festival, nous essayons de toucher deux types de publics très différents : les cinéphiles amateurs mais aussi les professionnels d’Hollywood, susceptibles d’investir dans le cinéma africain qui a cruellement besoin d’être aidé » explique Elvis Mitchell, ancien critique cinéma au New York Times et responsable artistique du programme Film Independent au Lacma, dans le cadre duquel  Caméras d’Afrique est organisé. « Il existe encore aujourd’hui tout un tas de stéréotypes à propos de l’Afrique : les gens la perçoivent d’abord comme  un grand pays, au lieu de la comprendre comme un continent aux multiples identités. En montrant des films du Tchad, du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso ou encore de Côte d’Ivoire, nous espérons briser ces a priori ».

Stephen Uljaki, qui au sein de son école, forme les nouveaux talents du cinéma américain, souhaite de son côté que Caméras d’Afrique puisse « inspirer ses élèves en les initiant et les sensibilisant à différents styles narratifs », inspiré notamment de la tradition orale. « Les films que nous avons choisi de montrer ici portent un regard spécifiquement africain sur le monde, différent de celui que l’Occident peut lui attribuer. Grâce au cinéma, l’Afrique peut enfin se réapproprier son image », loin d’une vision européenne trop souvent misérabiliste.

Les organisateurs du festival Caméras d’Afrique réfléchissent déjà à la prochaine édition qui aura probablement lieu à l’automne 2014 et pourrait explorer cette fois-ci le cinéma d’Afrique de l’Est. Une nouvelle qui réjouira sûrement le réalisateur et producteur Martin Scorsese, fervent soutien du cinéma africain : celui-ci vient d’ailleurs de restaurer Touki Bouki de Djibril Diop Mambéty (1973), un road movie africain figurant à l’affiche de « Caméras d’Afrique ». Fâché pendant un temps avec la direction du Lacma, qu’il a publiquement accusé de négliger le 7e art, Scorsese semble depuis s’être réconcilié avec le prestigieux musée qui a fait de gros efforts  ces dernières années pour améliorer sa programmation cinématographique. Caméras d’Afrique en témoigne.

Portraits de six acteurs qui ont percé dans la capitale mondiale du cinéma

Le rêve américain n’a pas de frontières. Qu’ils soient africains ou issus de la diaspora, nombre d’acteurs sont parvenus à se faire une place à Hollywood. Par ambition ou par manque d’opportunités dans leur pays, ils ont décidé de se lancer aux Etats-Unis.

Si, pour les Africains anglophones, le passage à Hollywood paraît logique, pour les Africains francophones, le départ pour les Etats-Unis permet avant tout d’accéder à des personnages plus riches. Portraits de six acteurs qui ont percé dans la capitale mondiale du cinéma.

David Oleyowo

Né à Oxford (Angleterre) en 1976, David Oyelowo est originaire du Nigeria. C’est au théâtre que le Britannique fait ses armes. L’acteur devient même le premier noir à interpréter le rôle titre dans Henri VI, une pièce de William Shakespeare.

En 2006, il apparaît dans Le dernier roi d’Ecosse aux côtés de Forest Whitaker, qui incarne le dictateur ougandais fou Idi Amin Dada, mort en 2003.

A l’affiche du blockbuster La Planète des singes: les origines, qui a fait le plein tout l’été, Oleyowo a d’autres projets à Hollywood. En janvier 2012, il devrait créer l’événement dans Red Tails, la dernière production de l’Américain George Lucas (réalisateur de Star Wars) sur les traces des Tuskegee Airmen, une unité de pilotes de chasse Africains-Américains qui s’est illustrée lors de la Seconde Guerre mondiale.

Chiwetel Ejiofor

Né le 10 juillet 1977 à Londres, Chiwetel Ejiofor est lui aussi d’origine nigériane. Et à l’instar de son compatriote Oleyowo, le comédien débute au théâtre en jouant des classiques tels Othello, de Shakespeare. Alors qu’il brille sur les planches, l’Anglais décide d’ajouter une corde à son arc en se lançant dans le cinéma. Sous la direction de Steven Spielberg, l’acteur fait ses premiers pas à Hollywood avec Amistad, en 1997, film inspiré de l’histoire vraie d’esclaves africains qui décident, au XIXe siècle, de se retourner contre leurs maîtres.

Depuis, Ejiofor a eu l’occasion de travailler avec des réalisateurs comme Spike Lee ou encore John Singleton. En 2007, il collabore avec le metteur en scène britannique Ridley Scott sur le film American Gangster. Deux ans plus tard, il sauve le monde dans 2012, un film de Roland Emmerich. L’année prochaine, on le retrouvera aux côtés de l’acteur américain Jim Caviezel dans Savannah, un drame d’Annette Haywood-Carter sur l’amitié entre un aristocrate blanc et un esclave affranchi dans le sud des Etats-Unis, au début du XXe siècle.

Charlize Theron

En quelques années, elle a mis Hollywood à ses pieds. Avant d’arpenter les tapis rouges, Charlize Theron débute une carrière dans le mannequinat à l’âge de 16 ans et quitte l’Afrique du Sud. Rapidement, elle délaisse ce métier qui ne l’intéresse plus  pour se lancer dans la danse. Mais une blessure au genou l’oblige, une fois de plus, à se réorienter.

La belle blonde se tourne alors vers le cinéma. En 1997, Charlize Theron commence à se faire remarquer. Dans L’associé du diable, elle donne la réplique à Al Pacino et Keanu Reeves. La carrière de l’actrice prend un nouveau tournant. L’ancien top côtoie les acteurs qui comptent, de Robert De Niro à Will Smith, en passant par Matt Damon.

Mais c’est en 2004 que l’actrice entre au panthéon du cinéma. En 2003, elle incarne dans Monster Aileen Wuornos, une tueuse en série qui sévit aux Etats-Unis entre 1989 et 1990. Le 29 février 2004, Charlize Theron décroche l’Oscar de la Meilleure actrice pour ce rôle et entre dans l’histoire en devenant la première actrice africaine à soulever la fameuse statuette. Pour interpréter Wuornos, la star n’a pas hésité à s’enlaidir et à prendre 15 kilos.

En Afrique du Sud, Charlize Theron est hissée au rang d’icône nationale. Elle rencontre même Nelson Mandela, qui tient à saluer sa contribution au rayonnement du pays. Après son Oscar, l’actrice de 36 ans mène sa carrière avec brio. L’année prochaine, elle sera à l’affiche du très attendu Prometheus de Ridley Scott, dans la lignée de la saga Alien.

Saïd Taghmaoui

Cantonné aux mêmes rôles clichés dans le cinéma français, Saïd Taghmaoui décide de s’exiler dès la fin des années 90. L’année dernière, il déclarait dans l’Express:

«On ne me proposait que des caricatures d’Arabes et les seuls projets intéressants dans lesquels j’étais impliqué se sont faits sans moi. J’ai compris que l’égalité des chances n’existait pas en France quand on est basané et étranger.»

Pourtant, tout avait bien commencé en France pour ce Marocain d’origine. C’est dans La Haine, un film de Mathieu Kassovitz, que l’acteur se révèle. Taghmaoui partage l’affiche avec Vincent Cassel et Hubert Koundé (un autre acteur de la diaspora que l’on retrouvera en 2005 aux côtés de Ralph Fiennes et Rachel Weisz dans The Constant Gardener de Fernando Meirelles).

Le film connaît un grand succès. Récompensé par un Prix de la mise en scène à Cannes et nommé à plusieurs reprises lors des César, il permet à Saïd Taghmaoui et ses deux compères de figurer dans la catégorie du Meilleur espoir masculin.

Après le succès de La Haine, le français jouit d’un nouveau statut. Mais les rôles qu’on lui propose en France ne sont pas toujours intéressants. Déterminé à réussir, il décide de se lancer à l’international.

Ainsi, en 1998, il donne la réplique à George Clooney, Mark Wahlberg et Ice Cube dans Les rois du désert. Tout au long de sa carrière, le comédien de 38 ans alterne projets hollywoodiens et films français, passant du Petit Poucet à G.I. Joe. Cet été, il était à l’affiche de Conan.

Djimon Hounsou

A 47 ans, Djimon Hounsou vit une véritable success story. Né à Cotonou, il quitte son Bénin natal dès l’âge de 13 ans pour Paris. Les débuts sont durs pour le jeune qui, sans ressources, doit vivre dans la rue. Tout bascule lorsque le SDF est repéré dans la rue par un employé de la maison Thierry Mugler (un styliste). Hounsou débute une carrière de mannequin qui lui permet de voyager à travers le monde.

Dans les années 90, le Béninois se reconvertit dans le cinéma. En 1994, on peut l’apercevoir dans Stargate, film de science-fiction de Roland Emmerich. Trois ans plus tard, Spielberg lui offre le rôle de l’esclave Cinque dans Amistad, l’occasion pour lui de travailler avec Ejiofor. En 2000, Ridley Scott le dirige dans Gladiator, il y donne la réplique à Russell Crowe. La carrière de l’ancien mannequin est lancée.

Les tournages s’enchaînent pour lui. En 2006, l’acteur retourne en Afrique pour un film d’Edward Zwick avec Leonardo DiCaprio. Blood Diamond lui permet d’obtenir une nomination aux Oscars, la deuxième après In America, de Jim Sheridan. Neuf ans après Le Boulet, Djimon Hounsou fera son retour dans le cinéma français le 2 novembre avec Forces Spéciales.

Isaach de Bankolé

Né le 12 août 1957 à Abidjan (Côte d’Ivoire), Isaach de Bankolé a tourné son premier film américain en 1991. Avant cela, il s’était rendu populaire en France grâce à des comédies grand public.

Le comédien débarque à Paris en 1975 pour étudier les mathématiques. Mais rapidement, l’étudiant attrape le virus du théâtre et entre au Cours Simon. Après quelques petits rôles, il accède à la notoriété en 1980 grâce à son rôle de Lemmy dans Black Mic-Mac. Sa performance dans le film lui vaut le César du Meilleur espoir masculin.

En 1988, la réalisatrice Claire Denis lui confie un rôle dans Chocolat, qui marque le début d’une longue collaboration. Grâce à elle, Isaach de Bankolé rencontre le célèbre réalisateur américain Jim Jarmusch. C’est donc en 1991 qu’il entame sa carrière américaine avec Night on Earth. Les deux artistes retravailleront ensemble, notamment dans Ghost Dog.

A l’image de son parcours français, l’acteur enchaîne grosses productions et films plus intimistes. Quand il ne tourne pas avec le réalisateur danois Lars Von Trier (Manderlay, 2005), c’est devant la caméra de Martin Campbell que l’Ivoirien exerce ses talents d’acteur (Casino Royale, 2006).

Récemment, le comédien a retrouvé ses réalisateurs fétiches dans The Limits of Control de Jim Jarmusch et White Material, mis en scène par Claire Denis.

(Avec Noémie Taylor-Rosner et Jacques-Alexandre Essosso)

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