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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Contre-IE | L’expertise d’une PME africaine

C’est l’une des curiosités de la société de l’information: les esprits les plus brillants sont parfois les moins connus. Ce constat est d’autant plus valable chez les professionnels de l’intelligence économique que les meilleures recettes sont aussi les mieux protégées. Aujourd’hui, je vous convie à la découverte d’une PME africaine dont les pratiques de contre-intelligence économique peu académiques, à peine coûteuses, fort discrètes et très efficaces forcent le respect de concurrents dotés d’énormes budgets de surveillance.

La contre-intelligence économique est un ensemble d’outils, de méthodes et d’activités de défense dont le but est de neutraliser ou détourner de manière légale toute opération d’espionnage ou d’intelligence économique concurrente ou hostile. Qu’elle soit défensive ou offensive, interne ou externe à l’organisation, la contre-intelligence a pour référence le cycle de renseignement. Elle peut  donc viser les questions des décideurs, la collecte des données y afférant, l’analyse de ces dernières, la protection et l’exploitation du renseignement à produire par l’organisation ou la partie adverse. Dans le cas de notre PME africaine, la ruse est au cœur du dispositif de contre-intelligence économique.

Avec ses 83 salariés, l’établissement Aurora* travaille depuis quatre ans sur un créneau innovant extrêmement porteur de l’avis des spécialistes interrogés. En moins d’une demi-dizaine d’années, la start-up a repoussé trois offres d’achats. Ses concurrents directs étant de grandes multinationales, tout ou presque a été tenté pour la faire plier : incitation des cadres à publier dans des revues internationales, invitations à des voyages d’études, benchmarking, elicitation, offres d’emploi fictives, débauchage, chevaux de troie via internet, tentatives de vol, manœuvres de déstabilisation… etc. En vain.

Pour y faire face, deux jeunes femmes de 26 et 29 ans à l’allure d’éternelles étudiantes animent à plein temps l’unité d’intelligence économique (U-IE) à laquelle est stratégiquement rattachée la communication interne et corporate de l’entreprise. C’est à la cadette que revient le pilotage du counter-intelligence unit: «  toutes les deux, on est à la fois les yeux, les oreilles, le nez, l’armure et le glaive de la compagnie », m’a-t-elle confié avant d’ajouter : « nous avons la chance d’avoir un boss et des collègues qui nous font totalement confiance, et pour rien au monde, on ne peut se permettre de faillir. »

Dans leur bunker** comme dans d’autres cellules d’IE, des banques de données  constamment mises à jour révèlent des cartographies détaillées de la concurrence, des ONG partenaires ou hostiles, de plusieurs centres de décisions politiques avec à chaque fois le profile des équipes dirigeantes, leurs postes, leurs réseaux et la typologie des stratégies d’intelligence compétitive qui en découlent… Sur le site internet de la PME, 1/5 des informations publiées vise à leurrer la concurrence (!) Et lorsqu’un veilleur hostile insiste sur un détail, notre duo de choc  lui poste un missile informationnel***.

Dans toute l’entreprise, seuls trois ordinateurs « préparés» sont connectés au réseau internet. Avec un savant mélange de vraies et de fausses informations codées par des mots de passe faciles à casser, l’unité d’intelligence économique nourrit copieusement ceux qui pensent avoir troué son dispositif de sécurité. En interne comme à l’extérieur, l’usage des e-mails, téléphone et fax est extrêmement réduit, les communications à distance sont brèves, cryptées et voilées. Entre collègues ou dans la relation-client, la direction de l’entreprise soutient mordicus que cette « petite restriction » accroit les contacts humains.

En plus des clauses de confidentialité et de non-concurrence (d’usage traditionnel dans ce type de structure), l’U-IE a conçu un manuel ludique de sécurité à l’adresse des employés. A chaque niveau de responsabilité correspond une petite histoire à raconter si une envie irrépressible de parler travail vient à prendre un salarié dans un avion, un taxi, un café, une conférence, en amour ou en famille… Grâce à une communication corporate adaptée à cet objectif stratégique, des liens étroits existent entre salariés qui ont fini par créer comme un cordon de sécurité autour du patrimoine informationnel de l’entreprise.

Depuis trois ans, ce dispositif de contre-intelligence économique (dont j’ai voulu la description  éparse) a causé de tels désagréments aux concurrents que certains ont suspendu la veille autour d’Aurora. Ce retour d’expérience devrait parler aux acteurs de l’IE chez qui la maîtrise des outils de veille électronique constitue l’unique fond de commerce.

Guy Gweth, Conseil en intelligence stratégique chez GwethMarshall Consulting

* Pour des raisons évidentes, l’appellation « Aurora » est fictive dans ce cadre.

** Les missiles informationnels permettent d’injecter à l’adversaire des données toxiques  afin d’altérer son  jugement, voire de le compromettre.

*** Le bunker ici est constitué d’ordinateurs sécurisés jamais connectés à internet.

 

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