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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Intelligence stratégique: il faut tracer le business des matières premières

Entre 2010 et 2012, les États africains pourront considérablement accroître leur contrôle sur le marché mondial des matières premières, à condition d’utiliser -à bon escient- l’esprit, les ressources et les outils d’intelligence économique & stratégique disponibles.

Par David Beylard et Guy Gweth,  Conseils en intelligence économique et stratégique

Le commerce international des matières premières génère chaque année plus de 5’000 milliards $ USD de marchandises, 1’000 milliards $ USD de prestations de services divers et plus de 50’000 milliards $ USD de notionnel sous-jacents engagés sur les taux d’intérêts, les devises et les indices boursiers. Ce business hyper lucratif, très structuré et fort bien organisé est caractérisé par des asymétries d’informations qui profitent aux acteurs qui disposent de la bonne information au bon moment, grâce à leurs dispositifs de competitive intelligence.

Pour réduire les asymétries d’information qui pénalisent les États d’Afrique, le bureau d’ingénieur-conseil AfriCommodities en partenariat avec l’agence GwethMarshall Consulting a crée et développé une banque de données AfriqueCommodities qui inventorie plus de 10.000 types de matières premières qui sont géo-localisées par GPS dans les sols, les sous-sols, les eaux, la faune, la flore, les forêts et les montagnes des 53 États d’Afrique ; et engagé des actions de sensibilisation des pouvoirs publics aux enjeux de l’intelligence stratégique.

Précisons d’entrée de jeu qu’une nomenclature douanière de 10’000 types de matières premières représente l’ensemble des produits qui sont exportés chaque année de l’ensemble des pays d’Afrique vers l’OCDE. Une fois transformés, ces produits constituent une nomenclature de plus de 15’000 types des matières premières semi-finies considérées par ailleurs comme des matières premières industrielles. Les 15’000 types des produits semi-finis sont exportés des pays de l’OCDE vers l’Asie pour y être transformés en un référentiel de plus de 20’000 types de « Produits à Grande Consommation ». Ce sont ces derniers qui font l’objet du commerce international des produits dont on alimente la grande distribution.

Des externalités négatives dans les pays africains

Quand nous réalisons des études d’impacts sociaux et sociétaux de la production, du commerce et de l’exportation des matières premières brutes de l’ensemble des États d’Afrique vers les pays de l’OCDE, nous constatons que celles-ci génèrent des externalités négatives et de très graves dommages. Les entreprises impliquées sont bien sûr averties qu’elles peuvent faire l’objet de poursuites pénales malgré la relative absence de vigilance des services de la douane dans ce circuit, des failles des administrations compétentes, de la justice et de la police, de l’absence des normes sociales et prudentielles, et des problèmes liés aux mécanismes de surveillance de la gouvernance des entreprises cotées en Afrique.

En valeur, le commerce international des 10’000 types de matières premières qui sont exportés de l’ensemble des pays africains vers les pays de l’OCDE génère chaque année un chiffre d’affaires de plus de 3’000 milliards $ USD. Plus de 80% de ce chiffre d’affaires (soit environ 2’250 milliards $ USD) est capté par des sociétés de négoce physique, les sociétés de négoce de produits dérivés, les gestionnaires de risques, les armateurs, les opérateurs de bateaux, les brokers, les agents maritimes, les compagnies d’inspection et de certification, divers consultants et les banques spécialisées dans la Commodity finance qui contrôlent ce business à partir des centres d’affaires basés à Genève, Monaco, Luxembourg, Liechtenstein, Anvers, Tel Aviv, Londres, Paris, Hambourg, Tokyo, New York, Chicago, etc.

20% seulement du chiffres d’affaires, soit environ 750 milliards $ USD, que génère le commerce international des matières premières représente la valeur financière que se partagent les filiales africaines des multinationales cotées sur les marchés internationaux, les sociétés africaines cotées sur les marchés africains et les États africains qui perçoivent des taxes, des impôts et autres émoluments. Par contre, le commerce international des 15’000 types des produits semi-finis dérivés de matières premières qui sont importées d’Afrique vers l’OCDE et qui sont ensuite réexportées de l’OCDE vers l’Asie, génère plus de 6’000 milliards de $ USD. Il profite à plus de 95% aux acteurs qui opèrent au sein de l’OCDE.

Des externalités positives en Asie et au sein de l’OCDE

Nos études d’impacts sociaux et sociétaux des produits semi-finis qui sont exportés des pays de l’OCDE vers l’Asie, où ils sont transformés en produits de grande consommation, montrent de façon remarquable que la transformation, le commerce et la réexportation des matières premières semi-finies (dérivées des matières premières importées des États d’Afrique) génèrent des externalités sociales et sociétales positives au sein de l’OCDE. Cela est essentiellement dû à la présence accrue des services de la douane, des administrations de contrôle et de répression des fraudes, des associations de consommateurs, de l’existence des normes qualité, de normes sociales et de normes prudentielles à côté des dispositifs opérationnels de surveillance de la gouvernance des entreprises cotées en bourse.

En valeur, le commerce international des 20’000 types de « Produits de Grande Consommation » dérivés des matières premières importées des 53 États d’Afrique qui sont transformés en Asie génère plus de 6’000 milliards de $ USD et profite pour plus de 50% aux acteurs qui opèrent au sein de l’OCDE et à environ 40% aux acteurs asiatiques. En volume, les 40% de la valeur financière créée en Asie sur base de la transformation des matières premières importées des pays d’Afrique en produits finis génèrent des impacts sociaux et sociétaux appréciables. Lorsqu’on évalue l’impact socio-économique de la transformation des produits semi-finis importés des pays de l’OCDE en produits de grande consommation par les industriels d’Asie, nous constatons qu’ici, ces produits génèrent des externalités qui ont de remarquables avantages sociaux et sociétaux. Ils contribuent de manière mesurable au développement des pays d’Asie et à l’émergence d’une classe moyenne identifiable.

Grâce aux outils d’intelligence économique et à leur networks internationaux qui sont implantés en Afrique et en Asie, les acteurs qui opèrent dans la chaîne du commerce international des matières premières de l’OCDE collectent des informations sur les marchés et les réseaux, surveillent la concurrence et la société civile, et influencent les décideurs et les législateurs. Sont systématiquement passés au peigne fin : le commerce international de l’ensemble des matières premières qui sont exportées de l’Afrique vers le reste du monde, le commerce international des produits semi-finis dérivés des matières premières d’Afrique qui font l’objet des échanges entre l’OCDE et les pays d’Asie, et enfin, le commerce international des produits de grande consommation dérivés des matières premières exportées d’Afrique !

Des opportunités pour les fournisseurs de matières premières

Par discrétion, nous n’indiquons ici qu’une des tendances lourdes du marché. La synthèse de nos investigations auprès des entreprises européennes et nord-américaines montre clairement que les stakeholders (clients, fournisseurs, investisseurs, actionnaires et salariés) veulent plus jamais connaître l’impact social et sociétal des produits qu’ils consomment. Ainsi, pour les enseignes de la grande distribution comme Aldi, Wal-Mart, Casino, Carrefour et bien d’autres, la collecte des informations liées aux émissions de CO2 générées par la production, la transformation et la mise sur le marché de certains produits n’est plus une donnée aléatoire. En termes de stratégie pour l’entreprise dite socialement responsable, la mesure de l’empreinte environnementale est devenue l’argument de vente par excellence.

En France, pour ne citer qu’un cas, la nouvelle loi « Engagement national pour l’environnement » dite Grenelle 2, reconnait une nouvelle  compétence aux commissaires aux comptes de pouvoir étudier le contenu des rapports sur le développement durable des entreprises. D’où l’importance pour les distributeurs des produits de grande consommation de disposer de données exhaustives, cohérentes et auditables sur chaque société et chaque produit mis sur le marché par cette dernière. Le cycle de vie des produits de grande consommation et toutes les externalités émises sont désormais calculés en termes d’émissions de CO2. Ces externalités négatives sont aujourd’hui analysées de façon précise ; et la loi Grenelle 2 prévoit même la mention du bilan CO2 sur les étiquettes des produits qui sont mis sur le marché en vue de responsabiliser les consommateurs dans leurs achats.

C’est dire si l’intelligence économique est la solution aux asymétries d’information et conflits d’intérêts qui minent le commerce des matières premières africaines à l’international. Il n’est plus supportable que les paysans africains, par exemple, qui contribuent au succès des produits du leader mondial des cosmétiques (grâce à l’huile de palme que cette entreprise achète à vil prix en Afrique via des intermédiaires véreux et utilise comme matière première stratégique dans la fabrication de produits cosmétiques) ne captent qu’à peine 0,75% de la valeur financière que crée L’Oréal. Pendant ce temps, les créanciers résiduels, carrés dans leur canapé « Roche Bobois » à Neuilly-sur-Seine et à Long Island, se partagent plus de 60% de la valeur actionnariale par le fait simplement d’avoir injecté du cash flow dans le circuit.

Des failles dans la responsabilité sociale des grands groupes

La responsabilité sociale de l’entreprise, admet-on dans l’OCDE, passe aussi par l’équité et la transparence avec lesquelles elle rémunère ses fournisseurs. Pourtant, nos dispositifs de surveillance révèlent que les sociétés de la municipalité de Grasse Sud (en France) qui fournissent des plantes aromatiques à L’Oréal (un exemple parmi d’autres) sont payées à leur juste valeur, tandis que les paysans bamilékés de l’ouest Cameroun qui fournissent de l’huile de palme à cette société ne tirent guère le bénéfice équitable dû à leur production.

Grâce à nos Trackers, nous avons suivi durant douze mois l’évolution de deux fournisseurs du leader mondial des cosmétiques, un Français et un Camerounais. Le premier fournissait des plantes aromatiques, le second fournissait (via des intermédiaires) de l’huile de palme que L’Oréal utilise dans la fabrication de parfums et autres produits capillaires et dermatologiques. Au bout d’une année de relations d’affaires, le fournisseur français évolue dans une relative opulence alors que le fournisseur camerounais n’enregistre aucun impact décisif sur ses revenus. Par contre, la production de son huile de palme dans des conditions écologiques déplorables détruit nettement sa qualité de vie et son environnement. A ce jour, le fournisseur français est protégé et rémunéré à sa juste valeur. Le Camerounais est littéralement broyé par une machine perverse qui s’appuie sur les asymétries d’information.

Il est impérieux pour les États africains de se doter de dispositifs d’intelligence économique afin de corriger ces écarts qui les privent des bénéfices de la mondialisation commerciale.

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