Lutte contre les déchets dangereux : la part des marchés actions

[Africa Diligence] La gestion et la circulation des déchets reste une problématique qui a du mal à trouver des solutions communes sur le continent. Malgré l’adhésion des pays africains à plusieurs conventions internationales, le problème demeure. Ces conventions ne contextualisent pas le problème et les solutions pour contribuer à booster les économies africaines afin de les rendre plus compétitives. 

En Afrique, les déchets dangereux constituent une menace importante pour la santé des êtres humains et de l’environnement. Les nations africaines ont longtemps fait face à des accidents impliquant le déversement de déchets dangereux à la suite de leur importation ou de leur déversement pur et simple. Les catastrophes environnementales regrettables causées par le déversement de matières chimiques nocives ainsi que les amas de déchets électroniques menacent la santé des communautés africaines et touchent le continent de manière disproportionnée.

On peut rappeler, à ce titre, les tristes évènements suivants : En 2006, un cargo-citerne immatriculé au Panama, affrété par Trafigura, une multinationale de commerce de marchandises, a déversé plus de cinq cents mètres cubes de déchets hautement toxiques à Abidjan, tuant dix-sept personnes et empoisonnant des milliers d’autres. En 1988, des milliers de barils contenant des déchets dangereux étiquetés comme contenant des matériaux de construction ont été découverts dans le village de Koko, au Nigeria. Plusieurs barils n’étant pas scellés, des fuites ont été constatées et les habitants ont souffert de graves problèmes de santé.

La COP-3 qui vient de se tenir à Brazzaville a offert aux pays participants une plate-forme pour discuter des moyens de passer de la prise de décision à l’action afin que le continent se débarrasse des déchets dangereux et tendent vers une planète dénuée de pollution. La conférence a également permis d’établir une feuille de route pour le transfert du secrétariat de la Convention à la République du Mali. Pour Joseph Seka Seka, ministre de l’Environnement et du Développement durable de Côte d’Ivoire, « la gestion des déchets est aujourd’hui l’un des plus grands défis de notre planète et une préoccupation majeure pour nos Etats en raison de ses conséquences sanitaires et environnementales ». Et de rajouter : « Nous avons la responsabilité collective de sauver et de préserver notre environnement et notre planète commune face aux menaces pour la santé et le bien-être de nos populations et à œuvrer en faveur d’une Afrique sans danger par les produits chimiques et déchets.»

Quant à Juliette Biao Koudenoukpo, directrice et représentante régionale du bureau régional Afrique du Programme des Nations Unies pour l’environnement, « le thème de cette conférence est un appel à aller de l’avant et à concrétiser les aspirations que les États membres ont partagées au cours des deux dernières conférences ».

La Convention vise également à améliorer et à assurer une gestion et une manipulation écologiquement rationnelles des déchets dangereux en Afrique, ainsi qu’une coopération entre les nations africaines. Durant cette conférence de Brazzaville, les Parties ont aussi examiné et adopté la nouvelle liste proposée de substances dont l’enregistrement a été interdit, annulé ou refusé par une mesure réglementaire gouvernementale, ou dont l’enregistrement a été volontairement retiré dans le pays de fabrication, pour des raisons de santé humaine ou d’environnement.

Créée en 1991 par les nations africaines et entrée en vigueur en 1998, la Convention de Bamako est une réponse à l’article 11 de la Convention de Bale (Suisse), qui encourage les Parties à conclure des accords bilatéraux, multilatéraux et régionaux relatifs aux déchets dangereux pour contribuer à atteindre les objectifs de la Convention. La Convention de Bamako interdit l’importation en Afrique et le déversement ou l’incinération dans l’océan et les eaux intérieures de déchets dangereux, y compris les déchets radioactifs : la Convention encourage la minimisation et le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux au sein du continent africain.

La Rédaction (avec Agence d’information d’Afrique central et TSS)

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