L’Afrique et le COVID-19  dans les yeux de Felwine Sarr

[Africa Diligence] Alors qu’un début de déconfinement commence à s’esquisser dans plusieurs pays d’Europe, la pandémie de COVID-19 continue de faire des ravages dans le monde. A voir le nombre de victimes de part et d’autre, les analystes se demandent qui est le plus à plaindre ? Le monde dit développé ou les autres. Le regard de Felwine Sarr.

« L’Afrique, le continent le moins touché, parce que le moins connecté à la mobilité mondiale. Pour une fois, l’épidémie ne vient pas d’ici. Il n’empêche que l’OMS demande au continent de se réveiller et de se préparer au pire et Antonio Gutteres le Secrétaire Général de l’ONU déclare qu’il y aura des dizaines de millions de morts sur le continent », estime Felwine Sarr. Selon l’écrivain et professeur d’Économie, c’est toujours la même antienne de mépris, de condescendance et de racisme, qui ne prend plus la peine d’observer la réalité. L’Afrique, c’est une réalité imaginaire dont la force des représentations qui lui sont accolées congédie sa réalité.

D’après l’économiste, même si la plupart des pays Africains ont très tôt pris des mesures, dont certaines sont drastiques, contrairement à certains pays européens qui eux ont dormi. On nous anticipe le pire. C’est l’Afrique. Ce serait contre la logique des choses que nous nous n’en sortions pas trop mal. « On oublie que le continent a malgré ses difficultés, une longue expérience de gestion des maladies infectieuses. Et certainement une plus grande résilience à tous types de chocs. Sa longue histoire est là pour en témoigner », ajoute Felwine Sarr. Pour lui, ce virus révèle les failles et fragilités de la société-monde, son caractère profondément inégalitaire, ses défauts de solidarité. Il nous rappelle également notre communauté de destin. Nul n’échappera aux effets d’une crise écologique qui est déjà en cours.

La Rédaction (avec SN et HMB)

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