La stratégie de Netflix pour gagner le marché africain du streaming

La stratégie de Netflix pour gagner le marché africain du streaming

[Africa Diligence] Avec 193 millions d’abonnés dans plus de 190 pays, Netflix règne en maitre sur le streaming mondial. Pourtant, le géant de la Silicon Valley peine à percer en Afrique où il est présent dans 54 pays… Pour les experts du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE), « Netflix doit impérativement enfiler l’habit du pays pour gagner le continent noir. »

Le service du streaming ne compte que 1,4 million d’abonnés sur le continent africain, selon les données de Digital TV Research. La société sud-africaine de télévision payante, MultiChoice, en revendique près de 20 millions dans 50 pays d’Afrique. Cette différence s’explique, en partie, par le prix élevé des abonnements Netflix par rapport au pouvoir d’achat des ménages africains. Comptez 99 rands par mois pour le forfait “Basique” en Afrique du Sud, ce qui représente 25% du salaire moyen dans le pays.

C’est pourquoi Netflix a récemment annoncé le lancement de deux formules d’abonnements, moins onéreuses, qui s’adresseraient aux propriétaires de smartphones. Une catégorie de population en plein boom en Afrique subsaharienne, et qui s’élèvera à 500 millions de personnes en 2021 selon les données de la GSM Association. Plus important encore pour Netflix, la consommation des données mobile sera également amenée à fortement augmenter dans les prochaines années.

Après avoir été testés en Egypte et en Afrique du Sud, ces abonnements mobiles ont été lancés dans d’autres pays africains, comme le Nigéria, un pays qui recensera 101 millions d’utilisateurs d’Internet mobile en 2021.

“Nous proposions les trois mêmes forfaits d’abonnement depuis des années. Le fait de tester cette nouvelle offre montre une préférence et une utilisation importante des téléphones mobiles au Nigéria. Nous ne déploierons cette offre à long terme que si les gens apprécient cette flexibilité accrue”, a déclaré un porte-parole de Netflix au magazine Quartz.

L’une de ces formules mobiles s’élève à 1.200 nairas par mois (2,65 dollars), soit moitié moins de ce que les Nigérians paient pour un abonnement classique à Netflix (2.900 nairas, ou 7,5 dollars). Ce forfait reste toutefois onéreux pour la plupart des foyers du pays, où 40% de la population vit avec moins d’un dollar par mois. Une tendance qui pourrait même s’accentuer avec la pandémie du nouveau coronavirus.

Face à ces nouveaux défis, Netflix part aussi à la conquête des utilisateurs africains en diversifiant les programmes disponibles sur son catalogue. La plateforme de streaming a ainsi lancé l’initiative “Made in Africa, Watched by the World” en mai dernier, afin de présenter à ses abonnés une sélection de séries, films et documentaires africains “démontrant l’engagement de Netflix en faveur du continent et de ses créateurs”.

Ils pourront ainsi découvrir des films et des séries salués par la critique comme “Gangster’s Paradise: Jerusalema”, “King of Boys”, “Lionheart”, “Mon nom est Tsotsi”, mais aussi des productions originales Netflix telles que “Queen Sono” et “Blood & Water”.

“Nous voulons que vous sachiez que, si vous cherchez les meilleures histoires africaines, vous les trouverez sur Netflix. Nous allons nous développer autant qu’il faut pour nous assurer que cet objectif est atteint”, explique Dorothy Ghettuba, responsable des contenus originaux de Netflix pour l’Afrique subsaharienne.

La Rédaction (avec ETX et le CAVIE)

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