[Africa Diligence] Sacré Béninois : quelle leçon de démocratie ! Face à un Patrice Talon agile et rassembleur, le talon d’Achille de Lionel Zinsou aura assurément été la « Françafrique ». Lui, président, le Bénin serait devenu comme la Côte d’Ivoire, plus attractif, avec plus d’investissements étrangers, mais aussi un risque terroriste accru.

Le second tour de la présidentielle béninoise a mobilisé près de 4,7 millions d’électeurs dimanche 20 mars dans les 7 908 bureaux de vote du pays. Au moment où nous mettons sous presse, les résultats officiels ne sont pas encore connus, mais une chose est certaine : l’homme d’affaires Patrice Talon sera le prochain président du Bénin. Son avance dans les premières estimations est confortable. Il succèdera à Thomas Boni Yayi qui, au pouvoir depuis 2006, conformément à la Constitution limitant à deux le nombre de mandats, n’était pas candidat.

Selon l’analyste béninois Aboubakar Gomina, ancien de l’École de guerre économique de Paris, l’un des « trois boulets aux pieds de Zinsou fut d’être caricaturé comme un élément de la Francafrique », d’où le « Non à la recolonisation. »

Pour Guy Gweth, fondateur de Knowdys Consulting Group, premier analyste à avoir révélé les intentions présidentielles de Lionel Zinsou, « l’élection de l’ex-dirigeant de PAI Partners, grand connaisseur des arcanes financières internationales, à la tête de l’État béninois, aurait rendu le Bénin presqu’aussi attractif que la Côte d’Ivoire pour les investisseurs internationaux (…) Mais aussi pour les terroristes anti-français. Le peuple béninois a massivement choisi l’indépendance et la sérénité. Quelle leçon pour l’ensemble des acteurs impliqués

Grand seigneur, Lionel Zinsou, le candidat malheureux, a reconnu sa défaite et salué la victoire de son adversaire le 20 mars en soirée, renforçant ainsi la démocratie béninoise, véritable modèle sur le continent noir. « J’ai appelé Patrice Talon (…) pour le féliciter de sa victoire, lui souhaiter bonne chance et me mettre à sa disposition pour la préparation des dossiers de transition ».

Né le 1er mai 1958, d’un père cheminot natif de Ouidah et d’une mère issue de la famille Guédégbé d’Abomey, Patrice Talon est un pilote de ligne manqué qui a embrassé le monde des affaires par un heureux hasard. Depuis le début des années 90, il passe pour être l’un des meilleurs sponsors des candidats partis à la conquête de la magistrature suprême béninoise. En 2006, il décide de promouvoir Yayi Boni, alors inconnu du grand public. Il finance et dirige personnellement la campagne de celui qui deviendra finalement chef de l’Etat. Déçu, il décide de briguer lui-même la présidence de la république. Sa connaissance du terrain et son exceptionnelle capacité à rassembler les Béninois du terroir auront été les clés de sa victoire.

Revivez le choc Guy Gweth Vs Lionel Zinsou sur Radio France International le 6 février 2015 : http://www.rfi.fr/emission/20150206-afrique-france-vers-nouveau-partenariat

La Rédaction

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