Seychelles : l’incroyable trajectoire d’un pays aux ressources limitées

[Africa Diligence] Les Seychelles se caractérisent par une superficie restreinte, l’éloignement des marchés mondiaux, et des ressources limitées. Mais le pays possède aussi une biodiversité unique, une grande richesse culturelle et une fabuleuse exposition maritime qui font de la pêche et du tourisme les principaux piliers de son économie.

L’irrésistible essor du tourisme

Sur le plan économique, le pays a enregistré une croissance de l’ordre de 3,5% en 2013 qui est à mettre au crédit du secteur tertiaire, avec une croissance modérée du secteur de la pêche. Le tourisme a contribué à hauteur de 71% au PIB en 2012, contre 68% en 2011. La contribution de ce secteur, premier employeur du pays, a continué de s’améliorer, passant de 24% en 2012 à environ 29% en 2013, sous l’effet d’une hausse de 10% du nombre d’arrivées par rapport à l’année précédente. Les Seychelles se sont imposées comme une destination de rêve pour le tourisme haut de gamme, surtout en provenance d’Europe (qui totalise environ 69% des visiteurs dans le pays). La croissance du tourisme a donné lieu à des effets de polarisation en amont et en aval grâce au développement de nouveaux produits et à la diversification vers de nouvelles destinations. Ce secteur devrait se maintenir sur sa trajectoire de croissance à court terme, avec l’achèvement de la construction de complexes hôteliers et l’intensification des campagnes de promotion du tourisme.

Au plan commercial

Les Seychelles sont membres du Marché commun d’Afrique australe et d’Afrique orientale (COMESA), de la Commission de l’océan Indien (COI) et de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC). L’archipel appartient à la zone de libre-échange du COMESA et a présenté sa liste de produits sensibles dans le cadre de la SADC. Sur le plan multilatéral, les Seychelles ont déposé une demande d’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995 et ont réalisé des avancées dans le processus d’accession. Le pays a marqué son intention d’entrer à l’OMC en 2014, et les négociations se trouvaient à un stade avancé en octobre 2013, lorsque les Seychelles ont conclu les négociations bilatérales (avec l’Union européenne comme principal partenaire commercial) en vue de leur adhésion. Les Seychelles ont conclu plusieurs accords bilatéraux et des accords relatifs à la double imposition avec 28 pays. En septembre 2013, le pays a en outre signé un accord de coopération avec l’Inde.

L’archipel est doté d’un régime commercial ouvert : 94 % des importations entrent dans le pays en franchise de droits et taxes, les droits de douane moyens s’établissant à 4,6% pour les produits agricoles et à 0,3% pour les produits non agricoles. Les droits de douane sont plus restrictifs sur les boissons et l’alcool, suivis du poisson et des produits à base de poisson. Les droits les moins restrictifs s’appliquent au coton, aux huiles et graisses alimentaires et au sucre.

Une politique budgétaire rassurante

Les performances budgétaires du pays continuent d’être bonnes, favorisées par une politique de limitation des dépenses. Le déficit du compte courant s’est redressé en 2013, en raison principalement d’une hausse de l’activité touristique et des exportations de thon, sachant qu’il est largement financé par les investissements directs étrangers. Sous l’effet de la dépréciation de la roupie seychelloise et d’une forte dépendance vis-à-vis des importations, l’inflation devrait finir sa course à 5,3% fin 2014.

Des banques toujours en grande liquidité

Le secteur bancaire seychellois compte six banques dont le total des actifs non consolidés représente environ 104% du PIB. Les banques seychelloises se caractérisent toujours par une grande liquidité. En 2013, le ratio des actifs liquides des banques en pourcentage du passif total s’établissait en moyenne à 60% pour le secteur bancaire, alors que le niveau obligatoire était de 20%. L’écart entre les taux de prêt et les taux d’épargne est relativement important (de 10 à 12%). Les banques préfèrent ne pas prêter, mais recourir à des instruments de financement à court terme via la Banque centrale des Seychelles. Toujours en 2013, 1,8% des crédits en moyenne sont allés au secteur privé. L’accès au crédit constitue le plus grand frein à la pratique des affaires et à la compétitivité aux Seychelles. Les prêts bancaires au secteur privé sont surtout axés sur le tourisme, le crédit à la consommation pour les ménages, les prêts hypothécaires, le financement des opérations immobilières, les transports et la construction.

Reconnaissant le problème majeur que pose l’accès au financement, le gouvernement a proposé en 2013 un train de mesures pour y remédier : i) l’instauration des règles limitant le niveau des frais facturés par les banques pour les prêts finançant l’acquisition de biens immobiliers résidentiels ii) les banques commerciales détenues par l’État sont désormais tenues de consacrer chaque année une part minimum de leur portefeuille de prêts à des crédits au logement. De plus, une nouvelle loi encadrant les activités de location-financement a été votée en octobre 2013 et devrait améliorer la disponibilité du crédit pour les petites entreprises locales.

Un pays politiquement stable

La République des Seychelles est une démocratie relativement jeune, mais politiquement stable. La première élection présidentielle multipartite a été organisée en 1993, à l’issue de l’adoption d’une nouvelle Constitution. Lors du dernier scrutin tenu en mai 2011, le président en place, S.E.M. James Michel, a été réélu pour un nouveau mandat de cinq ans avec une très confortable majorité (plus de 50% des suffrages valablement exprimés).

Malgré des ressources limitées et un climat des affaires à parfaire, la biodiversité, la richesse culturelle, l’exposition maritime et la stabilité politique font des Seychelles un pays où il fait bon investir. La volonté politique des autorités locales et une meilleure compréhension du marché par les acteurs africains de l’intelligence économique (Knowdys Consulting Group notamment) augurent de belles perspectives pour les investisseurs nationaux et internationaux.

(Avec Knowdys Database, la BM et PEA)

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