(Africa Diligence) La Zambie est un pays paisible et démocratique qui dispose d’un énorme potentiel économique lié à ses richesses naturelles. Depuis 2011, elle a quitté la catégorie des pays les moins avancés. la Zambie est considérée aujourd’hui, comme un pays à revenu intermédiaire. Pour les experts en intelligence économique d’Africa Diligence, c’est un progrès louable mais beaucoup reste à faire.

La Zambie a affiché un taux de croissance de l’ordre de 6.5% en 2013. Le pays tire plus de deux tiers de ses recettes d’exportation dans la commercialisation du cuivre. C’est d’ailleurs le premier producteur africain de cuivre. Le sous-sol est également riche en cobalt, plomb, or et argent. La croissance a été soutenue par l’ouverture de mines de cuivre et par l’amélioration des techniques d’extraction. La production minière, pilier de l’économie zambienne, progressera en raison de l’augmentation de la capacité de mines existantes et de l’ouverture de nouvelles mines. La baisse du cours mondial du cuivre a peu impacté sur la croissance zambienne. Le secteur agricole a subi une baisse de la production de maïs. Les experts tablent sur une légère hausse de la croissance en 2014 (7.1%).

En 2013, l’inflation a atteint un niveau élevé (7.1%). Cette tendance devrait perdurer en 2014, malgré les effets sur les prix des biens importés (notamment ceux de l’essence) de la dépréciation de la kwacha. La construction profitera toujours du développement des installations minières, de la construction d’infrastructures de transport et de logements, ainsi que de la réalisation de grands projets. Par exemple, les investissements relatifs à la construction de la centrale hydroélectrique de Batoka qui débutera en 2014, représentent plus de 10% du PIB. Le secteur des services (télécommunications, commerce et services financiers), qui compte pour près de la moitié du PIB, continuera de croître. En revanche, du côté des ménages, l’expansion de la consommation pourrait ralentir en raison du gel annoncé des salaires dans la fonction publique (après la forte hausse intervenue mi-2012, dont les effets se sont fait sentir en 2013).

Le déficit budgétaire s’est nettement creusé, principalement en raison d’une forte augmentation des dépenses publiques liées aux achats de maïs à prix fixes pour garantir aux producteurs locaux des revenus suffisants, ainsi qu’aux hausses de salaires. Les dépenses (31% du PIB) seront notamment ciblées sur les infrastructures de transport (routières et ferroviaires), la santé et l’éducation. Du côté des recettes, des exemptions d’impôts sur le revenu pour les ménages les plus pauvres seront compensées par l’augmentation de diverses taxes (sur les transactions immobilières, l’augmentation du nombre de biens assujettis à la TVA et l’introduction de péages routiers).

L’augmentation des dépenses publiques et l’allègement des taxes ont permis de stimuler un secteur agricole émergent, qui bénéficie du potentiel qu’offre l’abondance de sources d’eau et des terres arables inexploitées. Les investissements directs étrangers ont fortement augmenté en 2013, de même que les relations commerciales avec la Chine. Cette dernière devrait financer une nouvelle centrale hydroélectrique qui pourrait mettre fin aux coupures de courant et permettre au secteur minier de continuer son développement (actuellement, il consomme la moitié de la production électrique nationale). Le gouvernement voudrait que la croissance dans le secteur minier bénéficie aux autres secteurs économiques.

Le solde courant s’est dégradé en 2012 et 2013. Les exportations pâtissent de la baisse des cours du cuivre (environ 80% des exportations totales) et du ralentissement de la croissance en Chine. Ces deux tendances devraient se poursuivre en 2014. Les importations de biens d’équipement pour le développement minier et de produits pétroliers resteront élevées.  Les achats de services et le rapatriement de dividendes par les compagnies étrangères contribueront à maintenir le solde courant en déficit. Il sera financé par les investissements étrangers et l’emprunt. La part de l’aide extérieure s’est réduite, compte tenu de l’accession de la Zambie au statut de pays à revenu intermédiaire en 2011.

Les élections d’octobre 2011 ont amené au pouvoir Michael Sata et le Patriotic Front (PF), succédant au Movement for Multiparty Democracy (MDD). Le climat politique s’est nettement détérioré en 2013, comme en attestent les fortes tensions entre les différentes factions du PF qui ont débouché sur des manifestations violentes en novembre 2013. Toutefois, ces tensions ne remettent pas en cause la stabilité du pays. Par ailleurs, le comportement de l’exécutif vis-à-vis des investisseurs étrangers est ambigu. S’il semble être plus conciliant que ne le laissait présager la campagne électorale présidentielle (élections prévues en 2016), les relations de la Chine, principal investisseur dans le pays, sont cependant plus conflictuelles avec le PF que celles qui prévalaient avec le MDD. Les tensions sur les conditions de travail dans les mines gérées par les compagnies chinoises font régulièrement l’objet de revendications, voire d’émeutes.

Les mesures visant à prévenir et à condamner les pratiques de corruption tardent à produire leurs effets. Des lacunes persistent encore, notamment en matière de réglementation et de droits de propriété. Cependant, le niveau de vie tend à s’améliorer, grâce à une croissance élevée couplée à une politique sociale sérieuse. De plus, la Zambie bénéficie de l’appui du FMI dans un programme national de réduction de pauvreté.

(Knowdys Database, avec la Banque mondiale, le FMI et Coface)

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