[Africa Diligence] Attention : l’idée n’est pas de dire que les Africains ne savent pas acheter pour revendre dans le but d’obtenir un gain par une différence de prix à court terme. Loin s’en faut. En Afrique aussi, c’est un des fondamentaux de la motivation économique et financière. Non, l’idée est de maximiser les paris. Voici comment.

La spéculation, faut-il le rappeler, est le fait d’acheter pour revendre dans le but d’obtenir un gain par une différence de cours à court terme. C’est un des fondamentaux de la motivation économique et financière, une preuve de l’exceptionnelle vitalité des marchés. Elle ne date pas d’aujourd’hui, même si elle a un palais sur le marché à terme où la plupart des transactions se conclut, non par une livraison, mais par le paiement d’une différence.

Vendre une production de cacao à quelques mois de la récolte est une pratique courante en Afrique, depuis plusieurs décennies, et le phénomène n’est pas près de s’arrêter sur le continent. Regardée comme une anticipation de l’évolution du risque, elle ne saurait être considérée comme un critère aux contrats à terme, attendu qu’elle existe sur tous les marchés, qu’ils soient agricoles ou non.

Alors que les séminaires de Knowdys Consulting Group sur les marchés des matières premières cessent d’être restreints à des groupes de privilégiés pour s’ouvrir au plus grand nombre, il est important de rappeler que « lorsqu’il s’engage, l’opérateur à terme n’est pas tenu de régler sa note sur le moment. Il n’y sera obligé qu’à échéance, si ses prévisions d’avèrent fausses », précise Guy Gweth, analyste chez Knowdys Consulting Group (KCG).

Selon lui, les acteurs agricoles africains, aidés en cela par les notes de veille de la communauté de l’intelligence économique et financière, peuvent trouver des contreparties lorsqu’ils souhaitent transférer des risques sur le marché. Ainsi, grâce à la spéculation bénéfique, l’équilibre est garanti entre leurs prévisions et celles des autres intervenants internationaux. « C’est ce jeu qui accouchera d’un marché international dans lequel les Africains ne feront pas que danser sur une musique qu’ils n’auront pas écrite », souligne l’analyste.

L’initiation à la spéculation – par KCG – aidera les acteurs africains à se doter de méthodes, outils et techniques permettant de sécuriser le fonctionnement des marchés physiques des denrées. Dans son rôle de couverture sur les marchés à terme, la spéculation garantira aux vendeurs africains une assurance contre le risque de volatilité des produits de base. Elle les prémunira même contre le risque de défaillance d’un contractant, dans un contexte africain encore largement travaillé par les crises et les aléas dus à l’homme ou à la nature. A l’arrivée, la spéculation permettra d’anticiper les prix et de maîtriser les risques de pertes (si présentes sur le continent), et d’assurer la liquidité du marché grâce à la fluidité des transactions.

Bien qu’il importe de prévenir l’hyper financiarisation de la spéculation sur les marchés dérivés des denrées alimentaires, ce n’est pas du continent noir que viendra la menace, relève-t-on chez KCG. Au contraire. Depuis la crise alimentaire de 2008, les risques de famine sur le continent n’ont de cesse de gonfler la rentabilité du côté sud de ce marché. D’après les chiffres de Knowdys Database, les spéculateurs financiers occupent plus de 70% du marché mondial des dérivés agricoles contre 30% seulement pour les producteurs et consommateurs.

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La Rédaction (Avec Knowdys Database & le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique)

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