[Africa Diligence] Le dernier rapport de la cellule de veille et d’intelligence économique de la CIA enfonce quelques portes ouvertes sur la nécessité de diversifier les économies africaines pour amorcer un véritable décollage. Le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique certifie que l’amorce a eu lieu et que le véritable enjeu est celui de la définition d’un modèle d’émergence.

Depuis 2000, le président des Etats-Unis fait les premiers devoirs de son mandat en lisant « Global Trends », un rapport de prospective signé par le National Intelligence Council (NIC), une unité spécialisée de la Central Intelligence Agency (CIA). NIC est la cellule de veille et d’intelligence économique des services de renseignements des Etats-Unis d’Amérique. Le but de sa production est d’aider le chef de la Maison blanche et l’ensemble des décideurs économiques et politiques étatsuniens à anticiper les principales mutations à venir dans les champs économique, industriel, commercial, technologique et scientifique. Cette anticipation s’opère aussi bien par la création de normes, par des négociations internationales ainsi qu’à travers des innovations à caractère concurrentiel.

Au fil  des ans, l’importance de l’Afrique n’a cessé de croître dans les radars des analystes du NIC, même si le continent relève encore de ce qu’ils continuent d’appeler « tiers monde » … Si la pertinence de certaines analyses de la cellule américaine est indiscutable, d’autres conclusions relèvent ni plus ni moins que du jus de cerveau. Cette situation oblige désormais le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) à rectifier le tir au profit des décideurs africains à travers des notes de synthèse ou des rapports complets. Il en va ainsi du thème de l’émergence économique de l’Afrique en 2030. Que dit la CIA ? Qu’en sera-t-il selon le CAVIE ? Petite synthèse.

Dans sa dernière livraison, le NIC emprunte un lieu commun en affirmant que les pays africains exportateurs de ressources naturelles doivent travailler à se protéger de la volatilité des cours des matières premières en diversifiant leur économie. Et si la CIA donnait la clé pour se protéger de « la volatilité des cours », s’interroge le CAVIE qui entend œuvrer à une meilleure surveillance des marchés africains en délivrant, en temps réel, les informations à haute valeur ajoutée utiles aux Etats, entreprises et organisations non gouvernementales qui en feront la demande.

Le CAVIE entre, en effet, dans les détails et montre que les efforts de la plupart des gouvernements africains pousseront le commerce extérieur à devenir supérieure aux échanges internationaux ; que la hausse régulière du PIB et du revenu par habitant, aidée par la résilience de la majorité ira crescendo; que la présence de capitaux étrangers placés sur une longue durée sera de moins en moins forte ; que la possession des entreprises de taille mondiale deviendra un fait pour la majorité des pays devant la quête de nouveaux marchés; que la démographie et la consistance de la classe moyenne seront le leitmotiv de notes des investisseurs intéressés par les marchés africains en 2030.

Évoquant les échiquiers géopolitiques et géoéconomiques, le rapport « Global Trends » aborde certes le thème de la dispersion du pouvoir à l’échelle internationale, mais évite de préciser que l’émergence de l’Afrique ne procèdera pas uniquement à un rééquilibrage économique au niveau mondial et qu’elle induira également une nouvelle distribution des cartes. La Centrale américaine tait l’impact que pourrait avoir le Traité transatlantique sur l’économie mondiale et le commerce avec l’Afrique. Elle fait l’aveugle devant l’exigence d’une meilleure représentativité de l’Afrique au sein du système des Nations Unies et des autres institutions de coopération multilatérale à l’horizon 2030.

Accéder aux notes et rapports complets

Couvrant les 54 États du continent, le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique se présente comme la plus importante agence non gouvernementale de renseignement économique du continent, une source d’informations unique au profit des décideurs, des chercheurs, des journalistes, des acteurs économiques, et des organisations de la société civile. Si vous voulez devenir adhérents, correspondants-pays, sponsors, donateurs ou partenaires stratégiques du CAVIE ; si vous voulez accéder aux notes de synthèse, ainsi qu’aux rapports complets, moyennant participation, et/ou apposer votre logo sur le site à paraître en mai 2016, écrivez à : welcome@africadiligence.fr.

La Rédaction

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