[Africa Diligence] Comme sur les marchés développés, le capital-investissement a connu une forte expansion en Afrique subsaharienne, notamment au Nigéria. Le capital-investissement a fait de ce pays un nouveau terrain de jeu où il attire des investisseurs de plus en plus diversifiés.

Cela représente le 1/3 des transactions sur l’ensemble du continent. Loin derrière, l’Afrique du Sud (2,8 milliards de dollars), le Ghana (2,1 milliards de dollars) et l’Égypte (1,4 milliard de dollars) ont capté l’essentiel des investissements de l’industrie. Le Maroc figure dans le deuxième groupe en compagnie du Kenya et de la Tunisie. Ces sept pays concentrent 65% des transactions en volume et 70% en valeur.

Le montant total des deals sur la période 2012-2017 s’est élevé à 24,4 milliards de dollars, selon l’Association africaine du capital investissement et du capital risque (AVCA). L’Association tiendra cette année, sa conférence annuelle en avril à Marrakech. Après l’euphorie de 2014, année durant laquelle les transactions ont culminé à 7,9 milliards de dollars, celles-ci se sont stabilisées autour de 3,8 milliards de dollars sur les deux dernières années.

Pour les rendements qu’elle offre, l’Afrique reste un terrain très fertile pour le capital investissement. Six professionnels sur dix pensent que les rendements y seront plus attrayants que sur les autres marchés émergents sur les cinq prochaines années. Sur la même période, la moitié estime que les deals seront plus rémunérateurs comparés aux transactions sur les marchés développés.

L’attention des investisseurs reste focalisée sur les secteurs des biens de consommation, les services financiers ou encore l’industrie. Le développement des économies africaines et l’émergence d’une classe moyenne contribueront à accroître la demande adressée à ces branches à l’avenir.

Ces dernières années, il y a également un focus sur les activités technologiques et l’éducation. Les opérations dans les utilities (services aux collectivités), l’énergie et les services de télécommunications représentent ensemble 12% des transactions en volume, mais 58% en valeur sur les six dernières années. Le poids des investissements dans ces secteurs justifie leur pondération dans le portefeuille des gérants de fonds.

Si l’intérêt pour le continent est croissant, les transactions qui y sont réalisées ne représentent encore qu’une part marginale dans l’industrie mondiale du private equity. Il y a assurément une marge importante de progrès au niveau de l’environnement des affaires.

Cela dit, les positions peu flatteuses de nombreuses économies africaines dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale par exemple ne constituent pas véritablement un frein à l’investissement. En revanche, la fluctuation des devises figure en tête de liste dans la grille d’analyse des investisseurs.

Pour plus de deux investisseurs sur trois, le risque de change est le plus grand point de vigilance. La durée d’investissement jugée longue et le risque politique, sont d’autres freins relèvent-ils.

La Rédaction (avec Franck Fagnon)

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