[Africa Diligence] Le changement climatique représente une menace grave et grandissante pour toute l’Afrique. A l’heure qu’il est, seule une intégration permettant (i) la prise de décisions collectives en matière de gestion prévisionnelle des désastres et (ii) la création des dispositifs capables d’assurer une gestion souple des catastrophes peut limiter les dégâts.

Pour Ali Yacoub Mahamoud, ministre djiboutien de l’Énergie, la meilleure réponse reste l’adaptation. Mais l’atténuation est aussi un des volets d’étude de réduction des gaz à effet de serres responsables du changement climatique même si, précise-t-il, cette solution ne paraît pas adéquate tant que tous les pays industrialisés ne s’engagent pas fermement dans ce sens.

« Les gouvernements africains et les partenaires au développement doivent travailler ensemble pour proposer des axes de réflexions et de lignes de conduite à suivre dès aujourd’hui et considérer les mesures nécessaires tendant à s’assurer que les infrastructures des régions africaines et les services essentiels qu’elles fournissent permettront de relever les défis dans ce domaine », confie-t-il.

A entendre le haut responsable politique djiboutien, l’Afrique, victime d’un changement climatique contre lequel elle n’est point préparée, doit aujourd’hui baser son développement sur des infrastructures résilientes aux effets néfastes du changement climatique. Face aux enjeux et aux contraintes, seule une intégration permettant (i) la prise de décisions collectives en matière de gestion prévisionnelle des désastres et (ii) la création des dispositifs capables d’assurer une gestion souple des catastrophes peut limiter les dégâts au niveau continental.

Concernant son pays, Ali Yacoub rappelle que Djibouti, qui n’est pas vraiment gâtée par la nature (avec une faible pluviométrie et une nappe d’eau potable très limitée) a déjà orienté sa politique de développement vers une économie résiliente composée de trois volets : (i) intensification de l’utilisation des énergies renouvelables, (ii) intégration régionale et (iii) augmentation des échanges commerciaux régionaux afin de diminuer sa dépendance au marché international, et accroître l’adaptation de son environnement au changement climatique.

« Djibouti qui contribue déjà de façon marginale aux émissions de gaz à effets de serre a réduit sensiblement ses émissions de CO2 grâce à l’interconnexion électrique effective depuis 2011 avec l’Éthiopie qui assure 60% de notre besoin énergétique », affirme le ministre.

Ali Yacoub Mahamoud indique cependant que son pays reste vulnérable aux effets néfastes du changement climatique. Le chef de l’Etat djiboutien, Ismail Omar Guelleh, a d’ailleurs initié un vaste programme plaçant l’énergie au rang des priorités des actions gouvernementales pour faire de son pays la première nation africaine utilisant 100% d’énergie verte.

« Selon les recommandations de la communauté internationale fixant le seuil de 20% des énergies renouvelable d’ici 2020, notre pays a pris les devants en passant de 65% en 2011 à 75% en 2013. Et nous prévoyons d’utiliser 85% des énergies renouvelables d’ici 2016 », s’est-il réjoui. Cependant, le ministre reconnaît qu’au-delà de 2016, la demande énergétique de Djibouti va presque doubler et les centrales de production nationales ne pourront plus satisfaire la demande.

Pour Ali Yacoub Mahamoud, tous les efforts consentis par le gouvernement de son pays ont pour seul but d’accroître de façon significative une économie verte et renforcer la résilience du secteur énergétique au changement climatique en offrant une énergie durable, fiable, respectueuse de l’environnement et à moindre coût pour les populations.

A ses yeux, avec une dégradation galopante du climat et des impacts de plus en plus croissants, il est indispensable d’initier des réformes institutionnelles, réglementaires et fiscales tendant à faciliter la mise en place d’infrastructures résilientes au changement climatique ainsi  qu’un modèle économique durable, socialement responsable et écologiquement respectueux.

(Avec Xinhua)

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