[Africa Diligence] Royal Air Maroc (RAM) poursuit son expansion à l’international. Après les troubles des années 2000, la compagnie a refait surface et s’est dirigé vers les nouveaux marchés tels que l’Afrique subsaharienne, l’Amérique et l’Asie. Une façon pour RAM de contrebalancer les alliances de ses principales concurrentes et de renforcer la compétitivité économique du Maroc.

La RAM couvre désormais près de 100 destinations à travers le monde et cherche à se placer à la tête de la région. Le marché aérien de l’Afrique, bien qu’en continuelle expansion, n’a pas atteint son plein potentiel. Une étude de l’Association du Transport Aérien International (ATA) prévoit d’ailleurs une augmentation de 274 millions de passagers de plus par an jusqu’en 2036, faisant de ce marché régional un investissement prometteur. Le trafic aérien africain demeure cependant limité : 2,1 % des passagers sont Africains, tandis que le continent représente 17 % de la population mondiale, provoquant un élan de convoitise parmi les compagnies aériennes. Ethiopian Airlines, notamment grâce à la rénovation de l’aéroport d’Addis-Abeba en 2003 domine actuellement la concurrence.

La RAM, quatrième compagnie aérienne d’Afrique

Un autre joueur cherche à prendre la tête : Royal Air Maroc. La compagnie marocaine, un temps en difficultés financières, se place actuellement quatrième du marché africain et entrera en 2020 dans l’alliance Oneworld, qui regroupe notamment American Airlines, British Airlines, Japan Airlines et Cathay Pacific. Une façon pour elle de contrebalancer les alliances de ses principales concurrentes, Ethiopian Airlines, Kenya Airways (Sky Team) et South African Airlines (Star Alliance).

Changement stratégique

En outre, en choisissant de se tourner vers le long-courrier, la RAM a refusé de s’embourber dans une guerre des prix avec des compagnies à bas coût dont le marketing agressif et une structure beaucoup plus agile avaient déjà sonné le glas des compagnies aériennes européennes. Résultat, la RAM se dirige aujourd’hui vers de nouveaux marchés tels que l’Afrique subsaharienne, l’Amérique et l’Asie. L’homogénéisation de sa flotte (en tout Boeing) lui permet d’économiser sur les coûts des opérations de maintenance.

Ces réductions d’échelle entraînent une sollicitation plus importante de ses avions qui, passant plus de temps dans les airs, rentabilisent ainsi les commandes. Cette stratégie propre à Royal Air Maroc a su mêler les pratiques des deux grands types de transporteurs. D’un côté les compagnies internationales, misant sur les vols long-courriers et la multiplication des destinations, comme Air France. Et de l’autre, les compagnies low cost, et leur utilisation plus productive de ses avions.

Cap vers la Chine

Grâce à ce modèle économique, la compagnie marocaine a pu commander 8 avions supplémentaires cette année, complétant l’acquisition des 3 Dreamliners de 2018 et se rapprochant ainsi de l’objectif affiché de doubler la flotte d’ici 2020. L’acquisition de ces nouveaux appareils a permis à Royal Air Maroc de renforcer son maillage international. C’est ainsi qu’en 2019, la compagnie a pu ouvrir la première ligne directe reliant Boston au continent africain, via Casablanca. C’est pour autant loin de suffire aux yeux du PDG de la compagnie, qui déclare dans une interview récente vouloir accélérer la cadence. « Nous sommes passés de 30 à 50 avions au moment où nos concurrents ont triplé, voire quadruplé de taille. C’est une progression de 2 % par an du nombre d’avions quand la moyenne mondiale était de 7 % pendant cette période » explique Abdelhamid Abdou qui espère, avec le nouveau contrat-programme, obtenir les moyens de ses ambitions. Et ces dernières emmènent la compagnie loin à l’Est, vers la Chine. En août 2019, Abdelhamid Addou a ainsi annoncé l’ouverture d’une ligne directe Casablanca Pékin pour janvier 2020. Quelques semaines plus tard, c’est au tour de l’Office National du Tourisme Marocain d’annoncer un partenariat avec la première agence de tourisme chinoise en ligne, « C Trip ».

Casablanca favorise la création de lignes directes

Cette liaison vient répondre à l’augmentation exponentielle du nombre de touristes chinois visitant chaque année le Maroc. Depuis l’annonce de la suppression des visas pour tout ressortissant chinois en 2016, le nombre de touristes venus de l’Empire du Milieu est passé de 4 000 en 2015 à 200 000 en 2019. Une manne économique tant pour le pays que pour sa compagnie nationale. De plus, la situation géographique du hub de Casablanca facilite la création de ces lignes directes. De par sa position centrale, cet aéroport propose une multitude de destinations, permettant de desservir tout à la fois l’Europe, l’Amérique et l’Asie sans savoir besoin de réaliser d’escales. Des avantages que la compagnie entend bien mettre à profit dans sa mue vers l’international.

La Rédaction (avec le Monde Arabe et HMB)

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