[Africa Diligence] Entre le 1er et le 2e trimestre 2014, le PIB du Nigeria a cru de 6,2% à 6,5%. Ce rythme de croissance tient essentiellement aux solides performances du secteur non pétrolier (agriculture, BTP et services). Plus que jamais, le pays a des atouts pour devenir un des poids lourds de l’économie mondiale d’ici 2030. Une perspective soumise à conditions…

La performance du secteur primaire (22% du PIB en 2013) relève en grande partie de la croissance de l’agriculture. La part de cette dernière dans le PIB représente 21,6%. Les récoltes ont bénéficié des mesures destinées à endiguer les inondations et d’une bonne pluviosité. A titre d’exemple : la production annuelle de riz a augmenté, passant de 2,2 millions de tonnes il y a cinq ans à 3,1 millions de tonnes en 2014. Également producteur de noix de karité, le pays est devenu le N°1 mondial (avec une cueillette estimée à plus de 425 000 tonnes/an depuis 2008), devant le Mali (82 000 tonnes) et le Burkina Faso (70 000 tonnes). Il exporte 10% de sa production annuelle.

Selon plusieurs enquêtes, la valeur de l’agriculture nigériane pourrait plus que doubler dans les 15 ans, passant de 112 milliards USD/an en 2013 à 263 milliards USD d’ici 2030. Pour cela, le pays devra (1) améliorer ses rendements en utilisant davantage d’engrais, de semences et de matériel agricole mécanisé ; (2) privilégier les cultures les plus lucratives ; (3) élargir les surfaces cultivées ; (4) réduire les pertes après récolte ; (5) élever davantage de bétail et (6) accroître la production des exploitations forestières ainsi que des pêcheries (0,5% en 2013).

Concernant le secteur secondaire, le tissu industriel nigérian compte trois branches : la filière pétrole brut et gaz naturel, celle des minerais solides, et l’industrie manufacturière. L’exploration pétrolière et gazière constitue la principale activité industrielle. Le secteur industriel affiche toutefois une forte croissance depuis quelques années, avec une production annuelle en hausse de 13% dans l’intervalle 2010-2013. Au 2e trimestre 2014, sa contribution au PIB a été de 25,96%. Selon plusieurs sources concordantes, la production pourrait quadrupler d’ici 2030 pour atteindre 144 milliards USD/an, soit un taux de croissance annuel de 8,7%.

L’industrie manufacturière a montré une force exceptionnelle, avec une progression moyenne de 17,69% entre 2010 et 2013. Cette robustesse s’explique en grande partie par la récente augmentation de l’activité de raffinage de pétrole et une reprise importante dans le domaine du ciment. La croissance du secteur de la construction est restée vigoureuse de 2010 à 2013. Le Nigeria, rappelons-le, est le 1er producteur de ciment d’Afrique subsaharienne.

Le BTP (routes, chemins de fer, ports et réseau électrique) pèse 35 et 40% du PIB. Les investissements dans les infrastructures économiques de base et l’immobilier pourraient atteindre 1 500 milliards USD entre 2014 et 2030. Ce secteur deviendrait alors le premier contributeur au PIB, mais aussi un catalyseur de croissance pour l’ensemble de l’économie. Selon l’étude d’Oxford Economics sur les perspectives du secteur BTP, présentée le 8 juillet 2014 à Londres, le taux de croissance annuelle du marché du BTP sera de 9% d’ici 2025, soit le 2e taux le plus élevé au monde derrière celui du Qatar (10%). Cette trajectoire devrait faire du Nigeria l’une des locomotives mondiales de la croissance de ce secteur.

Dans le secteur de l’électricité, les efforts consentis par le gouvernement fédéral du Nigeria ont fait grimper la production d’électricité de 2500 à 4 000 MW en 2013. La part détenue par le pétrole et le gaz représente 14,4% du PIB. La croissance annuelle du secteur pétrolier a connu une moyenne de 2% avec une croissance négative de 2,2% en 2012 qui est repartie à la hausse (5,2%) en 2013. Malgré cette faible performance, ce dernier a représenté 96% du total des recettes d’exportation en 2013. La contribution relative de ce secteur aux recettes budgétaires s’est chiffrée à 40% au troisième trimestre de 2013.

Le secteur des hydrocarbures a souffert en 2013 des perturbations de l’approvisionnement provoquées par des vols de pétrole et des actes de vandalisme sur les oléoducs, et de la contraction des investissements dans les activités en amont. Aucun nouveau gisement exploitable n’a été découvert. La production de pétrole brut/jour en moyenne au 2e trimestre de 2014 a augmenté de 2,21 millions de barils/jour venant de 2,11 de barils/jour pour le trimestre correspondant de 2013. Cela représente une augmentation de 0,10 barils par jour, soit +4,7%.

Pour consolider sa croissance, le Nigeria doit nécessairement accroitre son efficacité énergétique et sa production électrique, dynamiser les activités de production et renforcer – de manière significative – les effets positifs attendus de la réforme agricole et des autres réformes structurelles et économiques. Pour Knowdys, N°1 de l’intelligence économique en Afrique, le Nigeria a les moyens de devenir l’un des poids lourds de l’économie mondiale d’ici 2030.

(La Rédaction, avec Knowdys Database, la Banque mondiale et PEA)

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