(Africa Diligence) L’heure est à l’ouverture à l’international et le Maroc compte bien en profiter. Le mécanisme des investissements en actifs étrangers s’est déjà mis en marche, certes lentement mais sûrement. En Afrique, Casablanca Finance City commence à jouer un rôle.

Depuis 2008, les fonds à l’étranger sont autorisés sous une certaine réglementation. Ceux-ci ne devraient pas excéder 10% de leurs actifs nets. Pourtant, cet instrument reste toujours sous exploité par le secteur.

En 2013, à peine 3 sociétés sur 18 géraient des actifs à l’étranger. La proportion des fonds investis à l’étranger ne dépasse pas, quant à elle, la barre des 4%. Ce qui témoigne d’une exposition assez faible de ces fonds par rapport à l’actif net total (0,36% seulement). Tout laisse à croire que depuis la réglementation, les OPCVM n’ont pas réellement sauté le pas. En France, par exemple, les sociétés de gestion ont près de 20% de leurs encours à l’international.

Aujourd’hui, les autorités marocaines entendent bien rectifier le tir. Le Maroc tente désormais de capitaliser sur le projet de Casablanca Finance City (CFC) qui ambitionne de devenir un hub financier régional.

En devenant le centre d’affaires de référence pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest, le Maroc aura ainsi la possibilité d’offrir une certaine diversification des produits d’investissements, principalement destinés aux investisseurs marocains.

«Fort de son expérience sur le marché national, le Maroc souhaite donc développer son niveau d’expertise dédiée aux marchés africains», note-t-on au sein de l’Association des sociétés de gestion et fonds d’investissement marocains (Asfim).

Les professionnels appellent même à la diversification des produits d’investissements qui seront plus adaptés aux spécificités régionales. De plus, le Maroc dispose d’un atout majeur pour encourager davantage les investisseurs. Sa réglementation est aux normes internationales.

«En effet, le dispositif mis en place par les autorités a été élaboré pour faire face aux exactions qui ont secoué plusieurs marchés financiers internationaux», indique l’association. Les efforts conjoints entre Asfim et l’Office des changes se concentrent justement sur les placements effectués à l’étranger.

Aussi, il serait profitable de mettre l’accent sur des fonds régionaux en dirhams, investis à hauteur de 100% en devises. Ou encore de développer des fonds en devises domiciliés au Maroc et qui offrent une large exposition ainsi qu’une expertise africaine. La différenciation des offres par segment de clients en fonction de leur niveau de qualification est également une piste à explorer.

Outre la classification des fonds, le développement de passerelles réglementaires en Afrique devrait être pris en compte à travers notamment l’expansion des marchés de capitaux régionaux. A cela devrait s’ajouter la création d’une plateforme de domiciliation des fonds en devises à thématique seulement africaine ou assouplissant davantage les contraintes réglementaires sur tous types de fonds.

Le secteur, pas assez développé, recèle un potentiel considérable compte tenu du nombre limité de fonds africains disponible sur le marché mondial. Selon l’étude du cabinet américain Morning

Star, très peu de fonds Afrique domiciliés en Europe ont été recensés sur les dix dernières années. Pourtant, depuis 2004, les fonds ont connu une croissance certes faible mais notable. En 2013, l’on en comptait 13 avec une évolution moyenne de 2 fonds par an.

(Avec A. Lo)

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